CES MAUX QUI PLOMBENT LES UNIVERSITÉS PUBLIQUES SÉNÉGALAISES

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur a peint un tableau très sombre de la situation qui prévaut dans les universités publiques du Sénégal. Face à la presse, les différents coordonnateurs du SAES ont expliqué les maux auxquels ils se sont confrontés depuis que l’Etat a pris la décision d’orienter tous nouveaux bacheliers dans les universités publiques du Sénégal.

Kalara Sy est le coordonnateur du Saes à l’université Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niasse (USSEIN). Il soutient qu’ils ont démarré l’année universitaire avec beaucoup de difficultés. A l’en croire, le budget qui leur est alloué est insuffisant. Pis, ils n’ont pas de bâtiments appartenant à l’université. « On est hébergé à Fatick, à Kaolack et à Kaffrine. Les étudiants sont répartis entre ces 3 sites », a déclaré M. Sy, renseignant qu’ils ont également un problème pour accueillir les étudiants qui doivent être orientés dans cette université. « Nous avons une capacité d’accueil de 750 étudiants et on nous a dit que nous allons accueillir 2000 étudiants cette année », regrette-t-il avant de faire savoir qu’ils ont également un besoin de 50 enseignants pour combler leur gap. « Si on ne nous donne pas de moyens supplémentaires, nous allons davantage nous enfoncer », prévient-il.

Le coordonnateur du Saes de l’Université virtuelle du Sénégal, Abdou Khadre Diop a exposé leurs problèmes relatifs à un déficit de 29 enseignants, un effectif pléthorique d’étudiants et un gap de 250 millions de francs CFA dans leur budget. Il s’y ajoute, selon lui, les problèmes de connexion, le renforcement des ressources technologiques et pédagogiques.
Le coordonnateur de l’Université Alioune Diop de Bambey a abondé dans le même. Il a relevé une massification incontrôlée au sein de leur établissement. D’après lui, en lieu et place des 1285 étudiants qu’ils peuvent accueillir, le ministère les a envoyés 3000 nouveaux bacheliers. Or, précise-t-il : « nous avons un seul amphi de 500 places. Nous manquons de salles de travaux dirigés et de laboratoire en physique et chimie ».

A l’instar des autres universités publiques du Sénégal, celle de Thiès n’a pas dérogé à la règle. Elle traverser les mêmes difficultés. Leur coordonnateur, Mamadou Tandian Diaw a renseigné qu’ils n’ont pas suffisamment d’infrastructures pour recevoir tous les étudiants qui seront orientés dans leur établissement. Ils avaient, d’après lui, réclamé 7 chapiteaux pour démarrer les cours mais, constate-t-il pour le déplorer, ils n’en ont reçu que deux. Ce, alerte-t-il, risque d’aggraver la situation.

Pour le coordonnateur de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, leur université est en état de convalescence mais, prévient-il : « elle risque de rechuter à causes des nombreux problèmes ». Parmi ceux-ci, il énumère le non-respect des engagements du ministère de l’enseignement supérieur par rapport au paiement des bourses des étudiants, le déficit de mesure d’accompagnement en termes d’infrastructures, les conditions de vie difficile dans le campus. « Depuis la visite du ministre de l’Enseignement supérieur en août rien a changé. On ne voit pas d’ouvriers dans les chantiers », a déploré Djignoum Diouf qui dénonce le non- respect de l’accord entre le ministère et les structures pédagogiques.

M Diouf a, dans le même ordre d’idées plaidé pour l’accompagnement des UFR qui, selon lui, ont un budget très faible alors que ce sont eux qui doivent mener les activités pédagogiques. « Un effort doit être fait à ce niveau. La situation de stabilité est fortement menacée. Nous allons vers une année très difficile et fortement menacée », met-il en garde.

La situation est explosive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Selon le coordonnateur de Saes à l’Ucad, l’université a reçu 80 mille étudiants pour un nombre d’enseignants estimé à 1375. Ce qui fait un enseignant pour 58 étudiants. « Il y a une place assise pour quatre étudiants. En plus, beaucoup d’étudiants prennent les cours debout ou en dehors des salles », a-t-il soutenu.

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