CES VISAGES FÉMININS DU TER

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Ndèye Khady Thiam et Mariama Diallo, respectivement technicienne et ingénieure dans le cadre du projet du Train express régional (TER), dépareillent dans les chantiers. Ce sont les rares femmes parmi des milliers d’ouvriers dans la mise en œuvre du TER.

Technicienne diplômée de l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar (ESP), la première travaille sur le site de maintenance des matériels roulants du TER situé à Colobane. Son travail, explique la jeune diplômée, « est d’être en support à la mise sur bougie. Et puis, à partir de cette étape-là, elle va aider à finaliser les essais. » C’est-à-dire, détaille la jeune femme, « regarder si tout va bien dans le train et voir si cela peut rouler jusqu’à la livraison. Il y a les essais statiques (qu’on effectue sur place) et dynamiques (après les essais statiques, pour le train qui va rouler).

Auparavant, Ndeye Khady Thiam, a eu à subir une formation de trois mois en France sur le site de Alstom Reichshoffen, concepteur du TER. Un « complément de formation » après sa licence en génie électrique axée sur des aspects sécuritaires liées au train.

Egalement diplômée à l’ESP de Dakar, Mariama Diallo, a effectué un stage de trois mois sur place avant son intégration. En gilet et casque bien vissé, elle est dans le département chargé de la réalisation des grandes routes, grands rails et passerelles. Plus précisément à la centrale à béton à Rufisque. La concernant, indique-t-elle, « elle vient tôt le matin pour voir les tâches qu’elle doit faire pour toute la journée. Avant de se rendre sur le chantier pour s’assurer que le planning soit respecté » à savoir « comment se déroule la production de béton ». Une production, dit-elle, « qui se fait par rapport à un programme qu’on fixe tous les 48 heures. C’est-à-dire que si une telle personne a besoin d’une telle quantité de béton à un point kilométrique donné, on rentre ses données dans un programme. Et après, on produit la commande après en avoir estimé la quantité et la formule. » Un travail au rythme du chantier, confie la jeune femme.

Cohabitation avec les hommes

Sur le chantier, ces femmes doivent coopérer avec des centaines d’ouvriers tous des hommes. Si pour Ndeye Khady, « ce n’est pas nouveau parce qu’ayant eu déjà à côtoyer des hommes dans pas mal d’entreprises du secteur », pour Mariama Diallo, « ce n’est pas toujours évident de travailler sur le chantier quand on est une femme », confie-telle. Parce qu’explique-t-elle : « Tu as affaire à des personnes qui viennent de différentes origines, des personnes qui ont des caractères différents. On est toujours forcé de s’adapter. » Mais, « en somme, clôt-elle, c’est une belle expérience professionnelle et personnelle. » De son côté, Ndèye Khady ne se plaint pas car assure la technicienne : « Les hommes sont gentils avec elle ».

Après avoir postulé en ligne, elle a subi une série d’entretiens avant d’être retenue pour la formation en France. « Ce n’est pas évident mais on essaie de voir qu’est-ce qu’on peut faire pour faire avancer les choses par rapport aux délais de livraisons. Une belle et très grande opportunité dans la mesure où le domaine ferroviaire est un nouveau domaine. Ici, on apprend toujours. »

À ceux qui critiquent le TER sur l’utilité et la cherté du projet, Ndèye Khady Thiam préfère rappeler que « les opinions peuvent être divergentes mais le transport est très important dans une Nation. »

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