CESE : PLUS DE 600 CAS DE VIOLS NOTÉS, MIMI TOURÉ ÉCARTE LE MASLA*

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SESSION EXTRAORDINAIRE

L’enquête nationale annuelle sur les activités des juridictions pour l’année judiciaire 2018-2019 a révélé 603 cas de viols et d’attentats à la pudeur, avec violence. Des statistiques inquiétantes avec 52% de taux de violence, qui interpellent le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Dont le thème de la première session extraordinaire a porté sur les stratégies à adopter pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux enfants.

Hors d’elle, Aminata Touré, la présidente du CESE appelle à porter le combat de la prévention. En ce sens, souligne-t-elle, « il nous faut dépasser certaines de nos attitudes culturelles, en dénonçant tous les viols, pour que nos filles puissent s’épanouir à l’école et participer au développement du pays ». D’autant plus, déplore Ndeye Saly Diop Dieng, le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, 24% seulement des victimes font recours à la justice. Aussi, « 27% des femmes de 15 à 49 ans, ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans. Et à un moment quelconque de leur vie, 8% des femme de cette même tranche, ont déclaré avoir subi des actes de violences sexuelles et 62% de ces mêmes cas indexent leur partenaire sexuel actuel ». Même si aucune région n’est épargnée, Diourbel remporte toutefois la palme avec 72%. Fatick suit avec 67%.

Les principales cibles sont les femmes et les filles âgées entre 20 et 40 ans des violences d’ordre verbal (46%), physique (27%), et psychologique (12%). Concernant les enfants, le ministre indique qu’au Sénégal, 31% sont mariés avant 18 ans et 9% avant 15 ans.

Alertant sur la gravité de la situation, Penda Seck Diouf, la présidente du Comité de lutte contre la violence faite aux femmes, signale qu’entre novembre 2018 à juin 2019, onze (11) cas de viol dont sept (7) avec décès dans des conditions atroces, ont été dénombrés. Sur 3650 cas de violences dont 668 cas de violences sexuelles sur des mineurs notés, 65 % de ces cas ne sont pas punis.

Le ’’masla’’ (en wolof) signifie la capacité de bien vivre avec les gens, de les tolérer et de se faire tolérer.

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