CESTI : LA REMISE DE 52 ATTESTATIONS À DES JOURNALISTES BÉNINOIS FÂCHE LE SAES

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CESTI/SAES

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES)/Section CESTI vilipende la Directrice du Centre des études des sciences et techniques de l’information, Cousson Traoré Sall. Dans une lettre ouverte dite ’’Les attestations de la honte’’, et adressée au président du Bénin, Patrice Talon, les enseignants accusent cette dernière de « blanchiment de formation », contestant la remise des cinquante-deux (52) attestations délivrées en mars 2019 des journalistes béninois.

« En septembre 2014, votre ministère de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication, actuel ministère de l’Économie numérique et de la Communication, avait confié au CESTI la mission de former 120 professionnels des médias. C’est le 17 avril 2015 qu’a commencé la mise en oeuvre de ce projet de formation. Mais le mardi 31 mars 2015, une réunion du comité pédagogique s’était tenue au CESTI aux fins de valider le référentiel de la formation, de faire des propositions relatives à la rémunération des membres de l’équipe de coordination et des collègues devant participer à cette mission de formation », lit-on dans la lettre parvenue à emedia.sn.

« Blanchissement de formation »

Laquelle indique qu’ « au cours de ce comité pédagogique, auquel avait pris part Madame Cousson Traoré Sall, à l’époque Directrice des études du CESTI, il a été bien rappelé que chaque enseignement devait faire l’objet d’une évaluation et les notes remises à l’équipe de coordination. » En outre, « une mission du CESTI d’évaluation à mi-parcours de la formation, qui avait séjourné à Cotonou en juillet 2015, avait, dans un compte-rendu fait au comité pédagogique, informé les collègues que le problème du diplôme à délivrer à la fin de la formation – attestation ou certificat - avait fait l’objet d’un échange entre elle et les stagiaires béninois. Mais, la mission avait averti les stagiaires que la décision à prendre était du ressort du comité pédagogique du CESTI.

« Contre toute attente, Madame Cousson Traoré Sall a décidé, de façon unilatérale, de délivrer des attestations du CESTI à des professionnels béninois sans en avertir le comité pédagogique. Ce qui constitue une violation de l’article 9 du décret n° 2010-706 du 10 juin 2010 portant organisation et fonctionnement du CESTI. »

« 52 attestations au lieu de 20 »

Lequel article dispose « que le comité pédagogique est consulté sur toutes les questions pédagogiques et scientifiques du CESTI, sur le double plan de l’enseignement et de la recherche », oppose le SAES. Qui martèle : « Le plus grave est que Madame Cousson Traoré Sall ne se fonde sur aucun critère objectif et sérieux pour justifier la délivrance de ces attestations d’autant qu’elle n’a pas en sa possession toutes les notes des évaluations faites par les collègues qui ont participé à la formation. Nous la mettons au défi de publier l’intégralité des notes obtenues par les cinquante-deux (52) professionnels béninois qui ont reçu leurs parchemins. »

D’autant plus que « le nombre des stagiaires ayant régulièrement suivi les cours et participé aux évaluations ne dépasse pas la vingtaine. Qu’est-ce qui justifie alors la remise des cinquante-deux (52) attestations ? Le CESTI serait-il devenu le complice d’une entreprise de blanchissement de formation dans votre pays ? Pourquoi sur les soixante-six (66) attestations confectionnées par Madame Cousson Traoré Sall à son départ de Dakar, cinquante-deux (52) ont été remises finalement ? Quels étaient les critères qui avaient motivé l’établissement de ces soixante-six (66) attestations ? Pourquoi on est passé subitement à cinquante-deux (52) attestations ? »

Les enseignants persistent et signent : « Madame Cousson Traoré Sall n’a pas les prérogatives pour apposer sa signature sur les attestations délivrées puisque depuis mars 2019, cette tâche est dévolue au Chef des services administratifs conformément aux textes et pratiques qui régissent le fonctionnement de l’Université Cheikh Anta Diop. De quel droit se prévaut Madame Cousson Traoré Sall pour permettre à Madame Aurélie Adam Soulé Zoumarou, votre ministre de l’Économie Numérique et de la Communication, de co-signer des parchemins du CESTI ? Compte tenu de l’expérience de six années qu’elle a capitalisée à la Direction des études du CESTI avant d’être élue Directrice de l’école, Madame Cousson Traoré Sall ne peut valablement arguer d’une méconnaissance des textes et des règles. »

En outre, signalent-ils : « Une formation similaire est organisée chaque année au CESTI, à l’intention des journalistes sénégalais, dans le cadre du Fonds d’Aide à la presse. Toutes les décisions, à l’occasion de cette formation, sont prises par le comité pédagogique. Celui-ci délibère avant la proclamation des résultats. Des stagiaires sont parfois recalés pour manque d’assiduité aux cours ou pour insuffisance de résultats. Qu’est-ce qui justifierait alors, aux yeux de Madame Cousson Traoré Sall, cette discrimination entre professionnels sénégalais et béninois ? Cet acte de Madame Cousson Traoré Sall est grave. »

« Eu égard aux multiples vices des procédures à la fois administratives et pédagogiques », la section SAES-CESTI déclare « nuls et de nul effet les parchemins délivrés lors de la cérémonie de remise des attestations organisée à Cotonou ». Dans ce sens, renseignent les plaignants, un courrier a été déjà adressé au Recteur, Président de l’Assemblée de l’Université Cheikh Anta Diop, « garant du bon fonctionnement de notre institution, pour lui demander de faire prendre toutes les mesures correctives nécessaires à l’acte posé par Madame Cousson Traoré Sall. » Il est invité « à prendre les mesures énergiques et rapides nécessaires ».

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