"CETTE DÉCISION DE RÉHABILITER CES LYCÉES EST SALUTAIRE"

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CHEIKH DIONE, EX I.A RUFISQUE

Ancien Inspecteur d’Académie de Rufisque d’octobre 2016 à février 2020, Cheikh Dione, aujourd’hui à la retraite, est bien placé pour mesurer l’ampleur du délabrement des lycées. Il partage avec Emedia.sn des pistes de réflexion pour mieux engager le combat de la rénovation de ces établissements scolaires historiques.


Que pouvez-vous nous dire du projet de rénovation des lycées au Sénégal ?

Pour prendre en charge le niveau de délabrement de certains anciens lycées du Sénégal, notamment ceux de la région de Dakar, le ministère de l’Education nationale avait entrepris en 2018, un programme de réhabilitation de ces lycées qui commençaient à prendre de l’âge. L’objectif était d’améliorer les conditions de travail des élèves et des professeurs en mettant à leur disposition un cadre de travail attrayant et remplissant toutes les conditions de sécurité ; ce qui leur permettrait de s’épanouir et donc de mieux performer.

Cette décision de réhabiliter ces lycées est salutaire car elle permettrait de mettre à niveau ces infrastructures qui accueillent du public et s’inscrit en droite ligne de l’application d’un document de gestion de la qualité validé par le ministère de l’Education nationale, le document sur les normes et standards de qualité qui traverse les différents domaines pédagogique, infrastructurel, de qualification des ressources humaines, de gestion matérielle et financière etc.

Donc, on peut conclure que cela a été une excellente décision, cette initiative de réhabilité même s’il y a eu quand même des difficultés çà et là dans la réalisation de ce projet.

Pourquoi les résultats ne sont pas encore visibles ?

La réhabilitation des lycées dans la région de Dakar a connu des fortunes diverses. Autrement dit, le niveau de réalisation des travaux de réhabilitation n’est pas le même d’un lycée à un autre.

Par exemple à Rufisque que je maîtrise mieux car étant l’Inspecteur d’Académie, où le lycée Abdoulaye Sadji était concerné, les travaux qui concernaient les salles de cours qui étaient achevés et le bloc administratif et le logement du proviseur ont connu un niveau d’exécution très appréciable.

Ce qui nous a permis d’atteindre u tel niveau e réalisation, c’est surtout l’organisation mise en place autour du conseil de gestion du lycée avec une bonne implication des bénéficiaires qui se sont appropriés de ce projet et ont décidés de suivre sa mise en œuvre.

L’autre fait important qui nous a valu des signes de satisfaction est le suivi technique régulier exercé par le représentant de la Direction des Constructions Scolaires et les rencontres de mise à niveau et d’évaluation que je tenais avec le responsable de l’entreprise et le responsable technique et les membres du conseil de gestion du lycée pour apprécier la situation et prendre les décisions qui s’imposaient.

Maintenant, il faut reconnaître qu’il y a eu quelques difficultés qui ont fait que les délais d’exécution n’ont pas été respectés dans presque tous les chantiers dans la région de région de Dakar. Et ces difficultés sont inhérentes surtout à la disponibilité du financement de ce projet de réhabilitation mais aussi à la faillite des entreprises qui étaient retenues pour la réalisation des travaux.

Quelles solutions préconisez-vous pour une exécution correcte et à temps de tels projets ?

Parmi les pistes de solutions qu’on peut explorer, on peut retenir, entre autres :
-  La sécurisation des financements destinés à de tels projets qui participent à la stabilisation de l’espace scolaire ; ces financements devraient échapper aux coupes budgétaires qui sont quelques inévitables pour une prise en charge des urgences et des imprévus au niveau de l’Etat. Et je pense qu’avec l’avènement des budgets programmes qui fait de chaque ministère sectoriel l’ordonnateur de son budget et qui s’appuie sur la gestion axée sur les résultats, on assistera à plus d’efficacité et d’efficience dans l’atteinte des résultats attendus dans l’exécution des projets conçus et mis en œuvre ;

-  L’assainissement dans le secteur des entreprises de BTP en confiant à celles qui respectent les cahiers de charges des projets pour lesquels elles sélectionnées. Il s’agit d’aller de renforcer les entreprises qui respectent leurs engagements et d’écarter celles qui ne font pas le travail pour lequel elles ont été sélectionnées ;

-  Associer en amont les autorités administratives dans la conception et la mise en œuvre de ces projets pour garantir le suivi et l’adhésion et la participation des communautés bénéficiaires.

-  Assurer un contrôle technique régulier et permanent par les cabinets et services en charge de cette question pour le respect des délais et de la conformité avec les spécifications techniques avec le cahier de charges.

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