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« CETTE ÉDITION A CONNU UN PILOTAGE CHAOTIQUE INSTITUTIONNEL »

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L’organisation de la 14e édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar a connu, selon les initiateurs, un succès artistique mais a fait face à des manquements remarquables. Lors de leur session de partage de ce 25 juillet, ils ont soulevé les principaux problèmes relatifs à l’organisation de cette édition.

La 14e édition de la Biennale de Dakar a connu un « pilotage chaotique institutionel », selon les initiateurs. Tenue du 19 mai au 21 juin 2022, plusieurs participants ont dénoté des « manquements à l’organisation » de cette présente édition. « Beaucoup de pays nous en veulent. Il y’a un problème d’accompagnement en termes d’ingénierie artistique. Ceci interpelle la formation, l’environnement juridique, ainsi que la présence des artistes », déplore Viyé Diba, artiste plasticien et participant à l’évènement.

Pour l’initiateur du projet, Ousmane Dia, le problème est plus institutionnel et technique. « Les manquements relève du domaine de la sécurité. C’est inacceptable que dans le cadre d’une exposition internationale que des œuvres artistiques soient vandalisés. En plus de ce vandalisme, six téléphones ont été volés. Les insuffisances sont à tous les niveaux », liste-t-il, lors de la session de partage sur la Biennale, ce 25 juillet. Selon le gestionnaire culturel, le pilotage institutionnel fait défaut.

« Il faut mettre les Hommes qu’il faut à la place qu’il faut, et cette situation va au-delà même du ministère de la Culture », renchérit Ousmane Dia. Ayant constitué un collectif des indignés de l’organisation de cette édition, l’initiateur juge « inacceptable » cette situation. « La Biennale de Dakar est devenue une signature internationale. Maintenant, tout le travail fourni jusque-là est foulé du pied par une nouvelle équipe qui vient d’arriver pour gérer la 14e édition », argue M. Dia, tout en rappelant que des solutions seront trouvées.

« Nous exigeons le départ immédiat de la secrétaire générale »
Sans ambages, l’initiateur de cette Biennale pense que la secrétaire générale de cette Biennale n’est pas à la hauteur des attentes. « Elle n’a pas fait une bonne délégation et une gestion convenable de cette édition. On exige immédiatement son départ », déclare Ousmane Dia. Il annonce que le collectif va saisir le président de la République et l’Office nationale de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). « Un audit de la Biennale de Dakar doit être fait. On ne peut comprendre que l’Etat du Sénégal injecte deux (2) milliards de francs ainsi que la présence de 93 sponsors et qu’à la fin, le résultat soit en dessous des attentes », souligne M. Dia. Avant d’ajouter : « soit il y a détournement de deniers publics ou soit des économies n’ont pas été utilisées. La gestion financière fait défaut. »

La Biennale de Dakar regroupe des artistes africains et issus de la diaspora. Instituée par l’Etat du Sénégal depuis 1989, elle est réservée à l’art et à la création africaine contemporaine. Cet aspect international donne à la Biennale le statut d’une « pionnière dans le développement de l’art contemporain en Afrique ». Si ce festival a acquis une notoriété internationale, « c’est grâce à l’envergure qu’elle porte, les personnes qui la fréquente et l’amplification des leaderships de ce pays », souligne Viyé Diba. Avant de préciser qu’ « il nécessite donc qu’on s’appesantisse et réfléchisse pour trouver des solutions idoines à ces manquements. Ce qui se passe aujourd’hui (les insuffisances de cette édition) demande une large concertation sur ce projet international à l’avenir. » La Biennale de Dakar « doit servir de levier pour le développement de ce pays », termine M. Diba.

Moustapha GUÈYE (Stagiaire)

27 juillet 2022


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