CHAPEAU, BA !

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LA CHRONIQUE DE MIK

A-Ba le racisme ! Ba, b-a. Ce Demba Ba a un NOM. Et il sait dire NON. Un arbitre raciste et incapable de le cacher, la nature ayant la peau dure, cet arbitre-là n’a pas sa place dans un terrain de football. Dans aucun autre d’ailleurs. Qu’il soit "quatrième" ou "premier arbitre", cela ne change rien. L’occasion de mettre le holà au racisme dans le sport était trop belle pour laisser passer l’offense. En prenant le leadership contre le scandale du Parc des Princes, le footballeur sénégalais Demba Ba frappe… fort et droit dans le but. Sa posture de dignité a permis d’arrêter le match et de renvoyer tout le monde aux vestiaires jusqu’au lendemain. Y’avait pas match ! Il ne pouvait y en avoir.

Désormais, plus question d’accepter que le racisme continue de violer allègrement et la lettre et l’esprit du Sport ! S’il y avait un but à marquer, mardi soir, dans l’antre du Paris-Saint Germain, c’est bien contre un « maître du jeu » qui n’était en réalité qu’un « maître du feu », parce que n’étant pas maître de ses nerfs. L’arbitre roumain Sebastian Coltescu n’était pas à la hauteur de sa charge. Tout le contraire de Demba Ba qui a su porter avec dignité et fierté, non pas seulement le maillot de son club, Basaksehir d’Istanbul, mais également et surtout le maillot contre le racisme et l’irrespect. Un attaquant de sa trempe, ça doit aussi tenir son rang quand les circonstances l’exigent ! Et la circonstance c’est le comportement paradoxal de « l’homme en noir », l’autre nom donné à l’arbitre de football, contre l’entraîneur adjoint du club stambouliote, le Camerounais Pierre Achille Webo.

La bêtise du « numéro 4 » c’est-à-dire le quatrième arbitre, aura été un mal pour un bien. Mardi, sur la pelouse du Parc des Princes, il n’y avait finalement qu’un seul club : le CLUB CONTRE LE RACISME. Sans distinction de couleurs, les deux formations adverses ont su se transformer en vrais partenaires pour la bonne cause. Les deux équipes ont fait équipe contre le racisme. Et dire, il y a quelques semaines, que le président de la Fédération Française de Football, Noël Le Graët a osé ! En effet, Le Graët, sans regret, avait déclaré avec désinvolture que « le phénomène raciste dans le sport, et dans le football en particulier, n’existe pas ou peu. » Il a désormais la preuve de l’existence du racisme puisque le scandale vient de se dérouler en pleine terre française. Et sous ses yeux. Weddi guiss boku si. On ne peut pas nier ce qui crève les yeux. Le patron du foot français avait sans doute oublié les valeurs que promeut l’organisation que lui-même dirige sous le sigle : P.R.E.T.S (le Plaisir, le Respect, l’Engagement, la Tolérance et la Solidarité).

Racisme sportif. Justement il ne faut pas oublier qu’en Turquie aussi, il y a seulement quelques jours, le Sénégalais Mbaye Diagne, sociétaire de Galatasaray, a été également victime de propos d’une extrême gravité. Un journaliste sportif du nom de Emre Bol n’a rien trouvé de mieux à dire que de traiter le footballeur de "mangeur de crocodiles" en faisant allusion à ses origines. Recip Tayyip Erdogan, Président de la Turquie, a réagi sur Twitter pour vitupérer contre l’incident survenu à Paris. Gageons que le numéro un turc a dû également élever la voix à l’encontre de son compatriote dont l’attitude vis-à-vis du footballeur sénégalais Mbaye Diagne est tout aussi condamnable.

Racisme, corruption, violence : le football, osons le dire, a tendance à véhiculer les plus mauvais défauts de nos sociétés. Trêve de tergiversations. Il faut des sanctions. Sans omettre l’arme de l’éducation qui est presque universelle contre le racisme. Le sport, le beau Sport doit continuer à s’abreuver à la source des trois valeurs fondamentales de l’Olympisme : Amitié-Respect-Excellence. On ne peut pas aimer Pelé et détester sa couleur de peau.

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