CHEIKH OUMAR GAYE : « TOUTES LES STRATÉGIES ONT ÉTÉ MÛRIES, JUSQU’À L’ARRÊT TOTAL DES DÉPLACEMENTS »

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TRANSPORTS ROUTIERS

Le secteur des transports routiers, un des principaux vecteurs de transmission du virus de Covid-19, est prêt à appliquer le réajustement agité des horaires du couvre-feu, de 18 heures à 07 heures du matin. Toutes les stratégies ont été mûries même celles allant à l’arrêt total des déplacements.

L’assurance est donnée par Cheikh Oumar Gaye, le Directeur des transports routiers, invité de l’émission e-transport, hier samedi, 18 avril, sur iRadio.

« Il faut comprendre que dans ce contexte de crise sanitaire, pour lutter contre la propagation du virus, il faudra des mesures, et le transport constitue un levier très important pour la propagation mais aussi pour le blocage et le freinage de ce développement. C’est pourquoi, on a volontairement contraint le transport public par la diminution de l’offre déjà. On a diminué les capacités de chargement des véhicules de la moitié des places assises. Maintenant, si on doit revenir sur les horaires pour le couvre-feu, le transport public va s’adapter par rapport à ça. Parce qu’on a conseillé aux gens de ne faire que les déplacements contraints, pour motif professionnel (aller au travail) si c’est réellement nécessaire parce qu’on peut faire du télétravail, les déplacements pour aller se soigner et pour aller au marché. Et pour les gens qui doivent faire ces déplacements on leur conseille de respecter les gestes barrières : le port du masque, la distanciation sociale, l’utilisation du gel hydroalcoolique.

De toute façon quelle que soit la mesure qui sera prise par l’autorité, nous au niveau transport, nous avons un comité sectoriel de veille que le ministre Me Oumar Youm a mis en place, toutes les stratégies allant même jusqu’à l’arrêt du transport public sont étudiées et prises en compte. »


À TOUTE CHOSE MALHEUR EST BON

Insistant, Gaye rappelle que le ministre de l’Intérieur a déjà pris un arrêté pour interdire les rassemblements, allant jusqu’à fermer les Mosquées pour inciter les gens à respecter la distanciation sociale. Dans ce sens, dit-il : « Je pense qu’à un certain moment, c’est une responsabilité individuelle, les gens doivent respecter et suivre les gestes barrières édictées par les autorités sanitaires. Nous en appelant à la responsabilité de tout un chacun pour se protéger, protéger sa famille et tout le monde. »

Ainsi, s’adressant aux récalcitrants, il avertit : « On va continuer la sensibilisation et avons déployé des agents sur le terrain, qui appuient les forces de défense et de sécurité, avec le commandement territorial pour faire de la sensibilisation, d’abord. Il y a des contrevenants, qui sont là, on va les répertoriés, et permettre au ministre des Transports terrestres pour prendre des mesures conservatoires en termes de suspension temporaire ou définitive du document de transport, c’est le Code de la route. »

Toutefois, à toute chose, malheur est bon. La pandémie de Covid-19 a renforcé la guerre contre les gares-flottantes : « C’était une guerre permanente. On profite de cette crise sanitaire pour éradiquer définitivement ces fléaux qui constituent vraiment un facteur de désorganisation et de désintégration du secteur des Transports. L’aspect informel visible au niveau des Transports, c’est à ce niveau-là. Il faut que les gens acceptent de s’organiser. Nous sommes prêts avec les forces de défense et de sécurité d’appliquer les sanctions prévues par la réglementation, et lutter farouchement contre l’illégalité. »

Quid de la part du Fonds ’’Force Covid-19’’ aux acteurs du transport ? « Le secteur des transports fait partie des plus touchés par la crise sanitaire. On a demandé aux transporteurs interurbains d’arrêter l’exploitation alors que c’était leur seule source de revenus. Ils ont accepté de fermer les gares interurbaines. On a demandé aux transports publics en urbain de diminuer leurs capacités. Donc, ils exploitent à perte en ce moment. Fort de ces considérations, le président a décidé dans l’enveloppe du Fonds ’’Force Covid-19’’ d’allouer un montant, il a dit 100 milliards qu’il va partager entre les secteurs du Tourisme, de l’Agriculture, et des Transports. Sur cela, nous sommes en train de travailler avec les acteurs pour que tous les segments du secteur des transports soient intéressés par cet appui financier d’abord. C’est de l’argent qu’on va donner aux transporteurs qu’ils font de l’interurbain, et qui n’ont plus de sources de revenus, aux gares routières qui ont arrêté leur exploitation, aux véhicules de transport urbain (taxis, DDD, AFTU, Ndiaga Ndiaye, car rapide), ils auront leur part en raison des pertes d’exploitation. Au-delà de cela, les acteurs de l’interurbain qui ont arrêté d’exploiter, sont inclus dans le recensement du million de ménages ciblé pour l’aide alimentaire. »

Par ailleurs, le Directeur des transports routiers annonce, répondant aux inquiétudes soulevées par des acteurs sur le triste sort de transporteurs sénégalais bloqués à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, que les autorités compétentes (le ministre des Affaires étrangères, son collègue de l’Intérieur et même celui de la Santé) travaillent à trouver une solution à ce problème. »

C’est dans ce sens « que le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, nous a saisis par courrier réponse pour nous demander effectivement de faire le recensement des chauffeurs et transporteurs coincés également dans les régions (au niveau local) pour qu’il puisse faciliter l’obtention des autorisations pour qu’ils regagnent les foyers ».

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