CHEIKH SARR, COACH DES LIONNES : « ON EST DÉSOLÉ » !

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AFROBASKET FÉMININ 2019

Les Lionnes ont manqué de cran face aux ’’D’Tigress’’ du Nigéria, sacrées championnes pour la deuxième fois consécutives, face au Sénégal, en 2 finales, 2017 et 2019, de l’Afrobasket féminin. Telle est la réaction de Cheikh Sarr, l’entraîneur de l’équipe nationale dames de basket-ball, lors du point de presse d’après-match. En larmes, Léna Niang n’a pas pu prononcer un seul mot.

« On est juste désolés pour tout le soutien du peuple sénégalais et celui du public, a-t-il réagi, face à la presse. On voulait vraiment le faire mais je pense qu’on a eu des limites au niveau des rebonds. Des limites parce qu’on a perdu beaucoup de ballons. 26 pertes de balle, c’est beaucoup. Le Nigéria mérite largement de gagner ce tournoi. Parce qu’on leur a donné 13 rebonds offensifs gratuitement. Et on n’a pas su provoquer des fautes. C’est dommage mais nous tenons à remercier tout le peuple sénégalais, d’ici et d’ailleurs, qui nous ont soutenu, qui ont cru à ça. On était à égalité et on pouvait le faire. Mais on manquait de lucidité et de sérénité. Ça, on l’a payé cash. »

2 défaites face au même adversaire en 2 ans

« Ça fait très mal de perdre face au même adversaire 2 ans après. D’autant qu’on a eu le temps de voir tout ça. Et d’ajouter une plus-value à cette équipe. Je pense que le Nigéria ne dormait pas non plus, ils ont ajouté des joueuses capables de s’opposer à n’importe quelle équipe du monde. Rappelez-vous qu’à la Coupe du monde, ils ont été très costauds comme nous. Je pense qu’on a failli en termes de sérénité et de lucidité dans le money time. Ça fait très mal. »

Les forces du Nigéria

« Je pense qu’ils ont des joueuses extérieures très solides, qui défendent à la limite de la faute. Et on a dit ça avant le match aux arbitres pour leur expliquer que les antennes, ce n’est pas permis, les 3 secondes tout ça, mais on n’a pas été écouté. On veut faire un basket propre. Ce genre de basket, tu ne le feras pas en Europe ni ailleurs. C’est en Afrique qu’on le permet. Si tu as des joueuses qui sont très costaudes, et qui font antenne, empêchant les autres de progresser, si tu n’as pas l’habitude, tu vas être très fatigué. Ensuite, tu vas perdre des ballons. C’est ce qui nous est arrivé aujourd’hui. J’ai passé tout mon temps, à parler de ça aux arbitres mais ils n’écoutaient pas. Ce qui est déplorable, c’est que nous, en bas, on essaie de travailler très dur, en levant les bras mais on nous siffle des fautes. Ce n’est pas une excuse mais c’est les faits. »

Un match perdu sur huit

« Je pense qu’on a joué huit matchs en tout avec la préparation, et on a perdu un match. On a perdu avec l’équipe championne en titre, venue défendre crânement son titre, et ce n’était pas facile. Je pense qu’on devait avoir beaucoup plus de cran à un moment donné du match, quand on est revenu très fort parce qu’on leur a posé beaucoup de problème dans la sortie de balles. On est à 14 sur 22 aux lancer francs. »

L’avenir de l’équipe

« Je pense qu’il faut faire une bonne prospection parce que le Nigéria a consolidé son équipe sur la base de la jeunesse. Vous voyez les arrières, c’est 23, 24, 25 et 26 ans. Les plus anciennes jouent dans le haut niveau en Espagne, en France, et au NBA. Cela s’est construit pendant longtemps. Je pense que depuis l’événement de 2017, on a essayé d’apporter une plus-value, après avec les blessures, il y a eu des joueuses qui ont subi des opérations comme Yacine, Léna Niang. Mais c’est des jeunes qui peuvent rester pendant longtemps en équipe nationale. Il fallait renforcer cette équipe avec les jeunes comme Fatou Diagne qui n’ont pas d’expérience. Mais il faut continuer dans ce sens, encore travailler, développer cette mentalité de gagneurs, et après aller dans le tournoi de Tokyo défendre nos chances. Mais, il y a matière à réflexion par rapport à qui doit rester et partir. »

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