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COMMENT DES CENTAINES DE FEMMES ONT PASSÉ LA NUIT À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

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La masse de militants qui a pris d’assaut l’hémicycle et l’impressionnante mobilisation de forces de l’ordre dans le parlement et ses alentours renseignent sur le caractère inédit de l’installation du bureau de la 14ème législature. Certaines venues de la banlieue de Dakar, d’autres de l’intérieur du pays, des centaines de femmes ont passé la nuit à l’intérieur de l’assemblée nationale pour soutenir leurs leaders politiques.

S’appuyant sur sa béquille, Rokhaya Samb, du haut de la cinquantaine, arpente difficilement les couloirs de l’assemblée nationale. Comme perdue dans une jungle, la mère de famille tournoie dans tous les sens, la fatigue lisible sur les traits de son visage en sueur. Au cœur de la masse de badauds, journalistes, gendarmes, la militante de Yéwwi Askan Wi a rallié Dakar depuis hier nuit en provenance du Sénégal des profondeurs. " Moi et mes camarades militantes venons de la région de St Louis pour encourager le député-maire Abba Mbaye. Arrivées tardivement la nuit, on nous a acheminés à l’assemblée pour passer la nuit afin de ne pas se confronter à un manque de place. Le vote du jour ne sera pas facile. Et nous voulons démontrer au camp du pouvoir que notre force est supérieure à la leur. Nous sommes là, prêtes à tout. Ils nous trouveront sur leur chemin", menace la dame d’un ton sec avant de s’engouffrer dans la foule.

Bras de fer entre dames du Pastef et celles du pouvoir

Dans une gargote nichée au sous-sol du parlement, Tacko Sall et ses amies ergotent autour des mets dressés sur une table. Mobilisées depuis Tamba avec une promesse de passer la nuit dans un hôtel une fois dans la capitale, elles ont fini sur des nattes pittoresques étalées à leur guise. " C’est aux environs de 2 heures du matin que nous avons débarqué à Dakar. Nos responsables ont reçu l’information faisant état de la présence de militants du Pastef dans les lieux. Leurs dames voulaient nous prendre au dépourvu. Pour les faire face, ils nous ont conduits directement à l’assemblée. Présentement, malgré que nous leurs tenons tête, on souffre en silence. C’est dur pour nous", s’apitoie la militante entonnée par ses camarades de l’APR Tamba.

Aida Ndiaye est responsable politique de Wallu dans la commune de Djida Thiaroye Kaw. Moulée dans un tissu brodé, éventail à la main, elle s’alarme faute de place à l’intérieur de l’assemblée. Pourtant sur les lieux depuis 6 heures du matin. Parmi ses dizaines de camarades que le PDS a convoyé dans deux cars, seules quelques têtes ont pu accéder dans l’hémicycle. Cloîtrée sur les escaliers, la quadragénaire se penche sur son sort " C’est dommage pour moi. J’étais sortie pour juste trouver de quoi manger. À mon retour, les gendarmes m’ont refusé l’accès sous prétexte que quelqu’un aurait déjà chiper ma place. Si seulement je savais que l’installation du bureau allait être si chaotique je n’allais pas effectuer ce déplacement", déplore la dame.

Falilou MBALLO

12 septembre 2022


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