« COMMENT RÉSOUDRE LE CASSE-TÊTE DES INONDATIONS » ?

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LR DU TEMPS

La grogne monte à Keur Massar notamment chez les populations des cités UCAD, Ancar et Tawfekh. Les habitants, qui pataugent, exigent des ouvrages et voiries adaptés aux inondations. Dans tous leurs états, ils dénoncent des travaux de drainage des eaux de pluies pas aux normes, qui au lieu d’apporter des solutions, posent problème aux riverains. En colère, ces habitants menacent de bloquer les travaux.

Des maisons abandonnées, des voitures dans l’eau, des étals complétement noyés : c’est le décor que décrit notre correspondant sur place.

"Trop, c’est trop, Keur Massar tampi (nous sommes fatigués)", scande Emmanuel Kabou, délégué de quartier et un des porte-paroles du jour.

En l’état, le Plan d’organisation des secours (ORSEC) est déclenché pour la 2e année consécutive, au Sénégal. Le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, se rend cet après-midi, dans des zones inondées, à Dakar, pour superviser sa mise en œuvre.

"Les inondations et les manifestations dans la banlieue dakaroise : quelles conséquences pour le pouvoir ?" est un des thèmes débattu dans Lr du temps, ce dimanche, 22 août, sur iRadio.

Selon le socio-anthropologue, Lamine Ndiaye, un des invités, il urge de trouver des solutions. Dans son argumentaire, il part du principe "qu’il n’y a pas pire forme de violence que de vivre quotidiennement dans les eaux" pour relever que "l’État risque gros si toutefois il n’y a pas une solution pérenne face à cette équation."

Fort de ce fait, il explique "que la chose la plus dangereuse et la plus catastrophique aux yeux de la population, c’est de ne pas arrêter de subir des formes de violences. Il n’y a pas plus violent aux yeux d’une famille ou d’une personne que de vivre dans les eaux, sans qu’il y ait l’intervention de ceux qui sont autorisés à résoudre ce problème-là. Cela peut être très fatal pour l’État. Parce que simplement quand il y a inondations, les gens n’ont pas tendance à s’autocritiquer en se disant j’ai très certainement une part de responsabilités. Mais parce que les choses sont déjà faites, et qu’ils sont de manière implicite autorisés à occuper ces espaces, il appartient maintenant à l’État de trouver des solutions. Si toutefois les solutions ne sont pas trouvées, ça peut être fatal à l’État parce qu’on crée des révoltés. Et, la chose la plus compliquée pour un État qui veut se maintenir au pouvoir et gagner des élections, c’est de satisfaire les besoins de la population c’est-à-dire des électeurs."

A la question de savoir comment résoudre ce casse-tête ? Son co-débatteur, Aboubacar Sadikh Beye, enseignant-chercheur et spécialiste du Développement pense "que ce problème ne sera résolu que quand l’autorité en charge de la question réunira un groupe d’experts pluridisciplinaires, comprenant des géologues, des hydrogéologues, des géographes et des informaticiens, pour une estimation des quantités d’eau qui tombent toute l’année... Connaissant les circuits et les niveaux d’altitude des différents terrains, la recherche opérationnelle va permettre de trouver les voies et moyens de permettre des écoulements comme par exemple à Allou Kagne, en ce qui concerne les eaux de Dakar".

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