Confidences intimes de Tyco Tattoo

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Procès

Tycko, le tatoueur, Djibril Ndogou Diop à l’état civil a comparu, ce mercredi 16 janvier 2019, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour les faits de tentative de viol et coups et blessures volontaires. Les faits remontent au 19 décembre 2018.

Ce jour-là, le tatoueur a reçu chez lui Warda Attal, une jeune femme mariée désirant tatouer certaines de ses parties intimes. Elle était accompagnée de son époux et d’un ami Ama Dème. Le mari a payé les 75 000 francs CFA réclamé par le tatoueur avant de prendre congé d’eux. La dame est rentrée dans la chambre où Tycko exerce sa profession. Après avoir dépassé le seuil de la porte, le prévenu demande à la dame de refermer la porte à double tour, après lui avoir dit, qu’il ne voulait pas être dérangé lorsqu’il travaille. Ainsi, Tycko demande à sa cliente d’enlever son pantalon puis son slip et le soutien-gorge prétextant qu’il risque de salir ses habits. Ce qu’elle fait. Ticko, à son tour, enlève son boubou et reste en caleçon. Avant de commencer la séance de travail, il invite Warda à s’asseoir à cheval sur ses genoux et de lui montrer le dos.

À 20 minutes de séance, Tycko aurait profité de cette situation pour tenter de la violer. Elle a brusquement sursauté en lui demandant les causes de son geste. Elle interrompt la séance de tatouage, se rhabille et sort en claquant la porte. Elle raconte la scène à Ama Dème qui, automatiquement, s’est dirigée dans la chambre pour l’accabler d’invectives. C’est ainsi que Tycko, touché dans son orgueil, lui donne un coup de poing à l’œil gauche lui occasionnant des blessures. Dème appelle les gendarmes pour dénoncer les actes de Tycko. Qui sera arrêté. Déféré au parquet après la durée légale de sa garde à vue, il a été placé sous mandat de dépôt.

« Je sais maitriser mes pulsions sexuelles »

Devant la barre, le prévenu a nié les accusations de tentative de viol. A l’en croire, il n’a à aucun moment essayé de la violer. « Je n’avais pas mis de caleçon mais plutôt un short. En plus, elle n’était pas assise sur mes jambes même si elle était en position accroupie. Je ne lui avais pas demandé de se déshabiller. Elle l’avait fait de son propre gré parce que c’est elle qui voulait des tatouages sur certaines de ses parties intimes », a expliqué le prévenu pour se défendre. A la question du procureur de savoir si, en tant que homme, il n’avait rien senti lorsque la dame s’est mise complètement nue et en position accroupie devant lui, Ticko Tatoueur de répondre : « J’exerce ce métier depuis 2003. Je sais maitriser mes pulsions sexuelles. C’est pareil pour moi de voir des aisselles ou une paire de fesses. Je n’ai pas des penchants sexuels. Je suis un professionnel ».

« Ticko continuera à tatouer les sexes des femmes… »

S’agissant des faits de coups et blessures volontaires, le prévenu les reconnait. Il admet avoir donné un coup de poing à Ama Dème. Mais, dit-il, s’il a réagi ainsi c’est parce que ce dernier l’avait abreuvé d’injures devant sa femme et son enfant. L’avocat de la partie civile a indiqué que c’est pour des raisons pudiques que sa cliente n’a pas assisté au procès. Agée de 18 ans, elle est traumatisée par cet acte, rapporte la robe noire. « Elle est mariée à un fonctionnaire de l’administration des impôts et des domaines. Il lui avait demandé d’avoir une position obscène et qui pouvait conduire à toutes les tentations. Et cette dame est une beauté. Si elle est sortie précipitamment dehors, c’est parce qu’elle a été heurtée, blessée dans sa chair et dans ce qu’elle a de plus cher. Il pourrait la pénétrer par surprise », a plaidé l’avocat de la partie civile qui a réclamé le franc symbolique. Le procureur a requis l’application de la loi.

Les avocats de la défense ont déploré les conditions dans lesquelles l’enquête préliminaire a été menée. Elle a été banalisée, selon eux. « Comment il peut avoir comme secrétaire sa femme, savoir que la dame est accompagnée et se permettre de tenter de la violer », s’est interrogé l’un des avocats de la défense qui indique que son client « continuera à tatouer les sexes des femmes jusqu’à la fin de ses jours ». Toutefois, les avocats de la défense regrettent le manque de professionnalisme de Tycko Tatoueur qui, selon eux, devait avoir une tenue de travail. Le prévenu sera fixé sur son sort le vendredi 18 janvier 2019, date fixée pour le délibéré.

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