[VIDÉO]-CONFINEMENT GÉNÉRAL : LES RÉSERVES DU SOCIOLOGUE DJIBY DIAKHATÉ

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JURY DU DIMANCHE

Pour beaucoup, il n’y a que le confinement général qui peut limiter la propagation de la Covid 19 qui, compte déjà 51 cas confirmés. Mais, le sociologue Djiby Diakhaté ne semble pas être très convaincu par cette proposition. A son avis, dans le cas d’espèce la démarche serait plutôt orientée vers l’auto-confinement. Et, explique-t-il, cela suppose un travail de sensibilisation et d’appropriation par les populations et par les autorités locales. Car, d’après lui, le confinement pratiqué en Italie ou en France ou en Chine pourrait ne pas être très efficace au Sénégal. Ce, d’autant que les raisons pour lesquelles les gens de ces pays se déplacent ne sont pas les mêmes raisons chez nous. « Le confinement officiel, surveillé, organisé comme cela se passe ailleurs pourrait être difficilement appliqué chez nous. On pourrait avoir une approche beaucoup plus intelligente et plus adaptée du confinement », recommande-t-il. Avant de faire remarquer : « progressivement, on est en train d’aller vers un confinement de fait, au moins dans certaines zones. Il y a une tendance à l’auto-confinement. Il faut continuer la sensibilisation. Je ne pense pas que si on ferme tout, les gens vont rester à la maison. Il faut voir la nature des déplacements des acteurs. Il faut aller au confinement de façon graduelle ».

« Il faut des psychologues, des sociologues pour accompagner le confinement »

Cependant, le sociologue invite les Sénégalais à s’entre-aider en cette période. Il faudrait, soutient-il, de la solidarité pour permettre aux familles, qui sont plus ou moins démunies, de pouvoir survivre. Parce que, prévient-il, au fond l’angoisse de la famille peut être un élément beaucoup plus dévastateur que le Coronavirus. « Un autre élément qui me parait important c’est l’accompagnement au niveau mental, au niveau psychique. Le stress est en train de constituer une véritable épidémie chez nous. Il faut des psychologues, des sociologues pour accompagner le confinement. Le stress vient compliquer davantage la situation », alerte-t-il.

Avant de renchérir : « le confinement en lui-même constitue une crainte parce que c’est un monde qui s’effondre et c’est un nouveau monde qui se constitue. Et, nous ne nous sommes pas préparés à se déployer dans ce nouvel univers et pourtant il faut le faire. Donc, c’est une perturbation générale des repères que nous nous sommes donnés jusque-là. Le travail aujourd’hui c’est dans les quartiers. Il faut décentraliser la lutte contre le coronavirus ».

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