CONTRIBUTION - CRISE SCOLAIRE : OÙ SONT LES PARENTS ?

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ÉDUCATION

Un mouvement de grève, dans l’espace scolaire sénégalais n’est plus une info, encore moins un scoop. Tant le phénomène passe pour être banal. Très banal.

Cette histoire de gamins qui partent à l’école et reviennent au bout d’une heure, qui n’émeut personne, pas même les parents, est grave et atteste d’un déficit de citoyenneté, voire d’une éthique de responsabilité.

Pourtant, avec la crise qui a fini de s’installer, les parents d’élèves font d’énormes sacrifices pour habiller, acheter des fournitures, payer des droits d’inscription de plus en plus chers.

Aussi, s’acquittent-ils d’impôts et taxes divers qui servent à entretenir les protagonistes (Gouvernement et Enseignants) de cette lutte sans fin et qui met si souvent les enfants dans la rue.

Abandonnés à eux-mêmes les pauvres potaches organiseront, bientôt seuls, la résistance. Ils brûleront des pneus, bloqueront les grands axes de circulation, affronteront les forces de l’ordre - ou du désordre, c’est soit -, mais le plus souvent désespérés, retourneront à la maison. Cette situation est grosse de dangers. Où vont les enfants après les débrayages ? Personne ne sait.

Les grèves cycliques qui secouent le système scolaire rentrent maintenant dans la banalité. Hormis la COSYDEP, les organisations de la société civile très disertes sur les questions d’ordre politique, perdent la voix. Mais le plus incompréhensible est l’inaction des parents ou de ce que l’on peut appeler association de parents d’élèves. Ils ne jouent pas leur rôle de régulation des politiques éducatives.

On ne pourrait pas croire que les parents voudraient que leurs énormes sacrifices soient vains, qu’ils n’aiment pas les enfants. Une fois qu’ils ont « les enfants dans les bras, ils les ont sur les bras ! », pourrait-on dire.

En tout cas l’école ne semble pas être pour eux le lieu où il faut s’investir.
Pour les contraindre au droit de regard sur le système éducatif dans toutes ses composantes ce ne serait pas cynique de souhaiter le retour d’Etienne le Berger.

La légende raconte qu’en 1212, un berger nommé Etienne a entrainé, à travers toute la France, entre trente et cinquante mille enfants. À la fin d’une longue errance, ceux qui ne furent pas mangés par les loups ou tués par le froid furent vendus aux Turcs dans le port de Gènes.

Ce terriblement événement hantera pendant longtemps la mémoire des parents. Mais ils finiront par comprendre que si on leur a enlevés les enfants, c’est parce qu’ils n’ont pas su veiller sur eux.

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