CORONAVIRUS À TOUBA - LE CHANTIER ENCORE IMMENSE DES "BAJENU GOX"

news-details
Pandémie

Le respect des gestes barrières évalué à Touba et Mbacké, dans la région de Diourbel, où sévit la pandémie à Covid-19. Suivant la cartographie nationale de la maladie à Covid-19, Touba compte à ce jour plus de 280 cas. Si l’on y ajoute la quarantaine de cas diagnostiqués à Mbacké, ledit département (385 cas au total) passe pour le deuxième foyer de propagation de la maladie derrière celui de Dakar. Et les choses sont loin de s’arranger avec des cas issus de la transmission communautaire signalés de façon quotidienne depuis plus d’une dizaine de jours dans la ville sainte de Touba.

Ainsi, l’enquête réalisée par téléphone, est effectuée par le Bureau de prospective économique (BPE) du Sénégal, sous la direction de Moubarack Lô. Sur un échantillon de 320 personnes, les individus âgés de 18 ans ou plus, hommes (50%) et femmes (50%), ont été interrogés. Si 44,4 % parmi ces cibles ont fait l’école coranique, 15% n’ont aucun niveau d’instruction, et seuls 2% ont atteint le niveau supérieur. Ils sont essentiellement commerçants (26,3%), femmes au foyer (25,3%), artisans et ouvriers (16,9%).

750 ‘’Badienu Gokh’’ pour près d’un million d’habitants

89,7% d’entre eux assurent avoir été « bien sensibilisés » sur le coronavirus. Là où 9,7% répondent « plus ou moins ». La sensibilisation est passée par le canal de la télévision à 90% des cas, et 83,8% par le biais de la radio. En comparaison, le pourcentage des réseaux sociaux (39,7%), affiches (5,9%) et sites internet (15,9%), est très faible dans la ville religieuse où plus de 80% de l’étude a été menée.

On retient que l’implication des ‘’Badienu Gokh’’, volontaires au service de la communauté, ne se fait pas sentir. Dans la mesure où seuls 17,5% des personnes interrogées disent avoir été informées par ces dernières. 82,5% ont dit ‘’Non’’. Même constat fait chez les délégués et chefs de quartier, selon le rapport.
Jointe au téléphone par Emedia.sn, Ndioba Mbacké, la présidente régionale des ‘’Badienu Gokh’’ évoque le statut particulier de Touba. Au nombre de 750 avec 20 ‘’Badienu Gokh’’ dans chacun des 30 postes que comprend le district, on comprend vite que c’est une goutte d’eau dans la mer. Dans la mesure où la population de Touba est estimée, en 2018, à 1 million 500 mille habitants. Malgré leur bravoure, leur nombre est insuffisant : Une ‘’Badienu Gokh’’ pour 2 000 habitants.

« Ça aurait pu être bien pire »

« On fait de notre mieux mais il reste beaucoup à faire. Certaines parmi nous parcourent de longues distances pour mener la sensibilisation. On fait des causeries. On distribue des masques aux gens, sensibilisant ceux qui n’en mettent pas. Mais Touba est une très grande ville avec des localités très éloignées les unes des autres », a-t-elle expliqué. Avant d’aborder l’épineux problème des moyens : « On en manque vraiment. Au début, on se cotisait pour l’achat d’eau de javel qu’on distribuait aux daaras, et aux personnes démunies. Cela ne suffit toujours pas parce que la maladie continue d’avancer. » Heureusement, a-t-elle signalé que l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu a été décrété sinon « ça aurait pu être bien pire. »

Loin de se décourager, la volontaire a saisi l’occasion pour appeler les populations au respect « strict » des mesures de prévention collective et individuelle édictées par le ministère de la Santé, dont le port du masque. Pr Moussa Seydi, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Fann, a, également, recommandait le port de lunettes.

Des réponses qui en disent long sur les chantiers à Touba : 30% des personnes interrogées ont soutenu n’avoir pas cesser leurs activités jugées non essentielles. Alors que c’est une des recommandations fortes.

Vous pouvez réagir à cet article