CORONAVIRUS : « IL FALLAIT INTERDIRE TOUS LES VOLS EN PROVENANCE DES PAYS AFFECTÉS »

news-details
LR DU TEMPS

Le Coronavirus était au menu de LR du temps. Les invités de Alassane Samba Diop ont commenté les mesures d’interdiction prises par le président de la République, ce samedi 14 mars 2020. Abou Wellé, économiste et consultant pense que ces mesures viennent à point. Il était temps de le faire. Ce qu’il déplore c’est que les mesures les plus efficaces n’ont pas été prises. « Il fallait interdire tous les vols en provenance des pays affectés. C’était la moindre des choses. Ensuite, il fallait exiger la quarantaine pour tout voyageur débarquant au niveau des aéroports de Dakar. Ce sont ces mesures là qu’il fallait prendre pour juguler ce mal. Je pense que toutes les mesures sont secondaires par rapport à ces deux mesures », déclare-t-il.

Avant d’ajouter : « nous sommes dans des Etats qui n’ont pas toute la souveraineté qu’ils devaient avoir. Mais, la moindre des choses c’était d’interdire des vols en provenance de l’Italie. Ce sont des mesures qu’il fallait prendre. Il fallait être radicale comme d’autres pays l’ont fait. La situation actuelle le demande. C’est vrai que toutes les économies sont interdépendantes mais il y a des moments où il faut prendre ce type de mesure parce que nous ne sommes pas en mesure d’affronter une telle pandémie. Il vaut mieux fermer ses frontières, se replier sur soi-même en attendant que ce mal soit combattu au niveau mondial ».

« En matière de pandémie la seule mesure qui est mauvaise c’est celle qu’on n’a pas prise »

Pour sa part, Seydina Alioune Boly, spécialiste des pandémies et ancien expert de la Croix Rouge s’est félicité de ces décisions cruciales prises par le président de la République. « Ce qu’on peut regretter c’est le timing mais il vaut mieux tard que jamais. Nous ne sommes pas dans une situation si dramatique à l’heure actuelle au Sénégal. Ce sont de bonnes mesures. Maintenant, comme toute action, il y a forcément des limites », dit-il.

A l’instar de son co-débatteur, il pense que le Sénégal pouvait s’inspirer du Rwanda qui, lorsque quelqu’un vient d’un pays infecté, est automatiquement mise en quarantaine pendant 14 jours pour la surveiller. « En matière de pandémie la seule mesure qui est mauvaise c’est celle qu’on n’a pas prise », souligne-t-il.

Boly ne semble pas être convaincu à l’idée de la prise d’armes. A son avis, la prise d’armes est aussi un regroupement. « Certes des mesures de désinfection seront prises mais une des spécificités de ce virus c’est le fait qu’il peut être parfois asymptomatique. C’est le virus le plus démocratique au monde depuis l’histoire des pandémies. Ce sont des ministres, des députés, des femmes de président qui sont testés positifs au Coronavirus », prévient-il.

En effet, la pandémie du coronavirus aura des impacts sur l’économie mondiale et le Sénégal pourra sentir les conséquences. C’est du moins ce qu’ont fait savoir les invités de LR du temps. Selon l’économiste, Abou Wellé, cette maladie va impacter le secteur informel qui, à 90 %, travaille avec la Chine.

Sur ces entrefaites, il pense qu’il est temps que le Sénégal diversifie son offre. « Nous sommes les producteurs de matière première et les consommateurs dans le monde. Cela est déplorable et des situations pareilles nous mettent à l’épreuve. On a une économie extrêmement extravertie, voulue et pensée par la France. Nous n’avons que des cultures de rente. C’est extrêmement honteux qu’après 60 ans d’indépendance que le Sénégal ne produise absolument rien du tout, que le Sénégal n’ait pas un système de santé viable, que l’on ne puisse pas tenir 6 mois sans importer quoi que ce soit. C’est tout à fait dommage. On n’a pas d’économie actuellement. Ce qu’on a c’est du n’importe quoi », regrette-t-il.

Abondant dans le même sillage, Seydina Alioune Boly soutient que la première leçon qu’il faut comprendre de cette pandémie c’est que nous sommes très faibles. « Nous devons nous rendre compte de notre faiblesse parce que même les équipements que nous utilisons pour protéger notre personnel de santé proviennent de l’extérieur. Avec cette pandémie, nous rendons compte de notre vulnérabilité et combien nous sommes interdépendants du reste du monde », dit-il.

Vous pouvez réagir à cet article