« PRENDRE LES MESURES PRÉVENTIVES QUI S’IMPOSENT AU PLAN POLITIQUE ET RELIGIEUX »

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CONTRIBUTION - CORONAVIRUS

La pandémie du coronavirus se propage à une vitesse surprenante n’épargnant aucun continent. Parti de son épicentre de Wuhan en Chine, le virus a depuis lors voyagé à travers les airs, mers pour atteindre l’Europe, l’Amérique et l’Afrique.

Au moment où tous les pays du monde s’ajustent sur le plan économique, social et géopolitique face à cette nouvelle donne, les pays africains vivent en spectateur dans un monde en pleine ébullition stratégique.

A travers le monde, nous assistons à des mesures draconiennes de confinement des populations, de fermetures d’écoles et d’édifices publics, sans oublier les reports de toutes les manifestations à caractère populaire. Ces décisions courageuses et responsables des Etats du Nord sont accompagnées de mesures fortes au plan économique et financier sous forme de baisse des taux directeurs des banques centrales (FED), de subventions aux ménages ou de suspensions des taxes.

Ces mesures à la fois réactives et prospectives sont des réponses à la propagation du virus, mais surtout à l’anticipation au dysfonctionnement économique induit éventuellement par une prolongation de l’épidémie dans le temps et dans l’espace.

Au Sénégal, même si l’Etat a pris des mesures conservatoires pour surveiller les frontières et lancer des campagnes de sensibilisation en direction des populations, aucune réflexion stratégique et prospective n’est lancée par les acteurs publics et privés pour se protéger des contrecoups d’une récession mondiale ou saisir les opportunités économiques qui pourraient s’offrir à nos économies moins connectées à l’ordre mondial.

Au contraire, sous le prétexte du legs des anciens, les mesures de confinement les plus élémentaires ne sont pas prises. Des manifestations qui rassemblent des milliers de personnes sont programmées avec tous les risques sanitaires, mais surtout l’exacerbation du risque pays que cela pourrait engendrer en cas de contamination massive des populations.

Au risque de me faire harakiri par les religieux orthodoxes défendeurs des valeurs léguées par les anciens, j’en appelle au sens de la responsabilité des autorités étatiques et religieuses pour prendre les mesures préventives qui s’imposent au plan politique et religieux. Au-delà de la nécessité de ces mesures au plan politique par une interdiction de toutes les manifestations populaires non indispensables, les argumentaires religieux font florès à travers la Sunna et la jurisprudence islamique. L’Eglise devrait être consultée pour recueillir l’avis du Christianisme, qui je suis sûr, de par l’humanisme de ses préceptes, ne seraient pas contre de telles mesures.

Parallèlement, un diagnostic profond doit être mené pour anticiper au plan économique sur les conséquences d’une crise mondiale qui se profile à l’horizon et pour laquelle, certains pays du Nord sont en train de se préparer.
Pour une fois, l’Afrique pourrait inverser la tendance en tirant profit d’un contexte mondial apparemment défavorable mais qui pourrait changer à terme la donne mondiale avec une redistribution de la carte géopolitique. Moins de fatalisme et de timidité, plus de prospective et d’opportunisme pourraient aider nos pays à transcender ce rapport de force qui nous a toujours relégués en queue de peloton.

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