COVID-19 - OMAR SALL, CINEKAP : « LA LUTTE EST PLUS ESSENTIELLE »

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MATINALE IRADIO

D’abord vaincre le coronavirus. C’est le vœu le plus ardent du monde de la Culture. Du fait des importants dégâts que la propagation de la maladie a engendré dans le secteur comme dans les autres.

« L’ennemi a pris le dessus sur tout. La Covid a confiné les unités de productions et leurs acteurs économiques. C’est un constat général », confirme Omar Sall, le directeur de la maison de production Cinekap, invité de la Matinale spéciale Covid-19 d’iRadio, ce lundi, 11 mai.

Selon lui, passer ce cap, l’urgence sera de « travailler à la relance de la filière de l’audiovisuel et du cinéma en général, réfléchir à la fois sur un modèle économique propre à nous, avec un système endogène, que les solutions ne viennent pas de manière exogène, mais partent d’ici et qu’on arrive à recréer notre vraie logistique », surtout en l’absence de rentrée de devises. Autrement dit, explique le producteur : « Une réponse structurelle et non segmentée. Si vous donnez une grande production de long métrage à haute valeur ajoutée à une société, (laquelle) fait travailler le créateur. Donc, on travaille à la massification des créateurs qui vont développer leur projet. Ensuite, le chaînon continue, on fait travailler les techniciens. Et tous les gens qui peuvent prétendre aux droits d’auteurs, le producteur est au cœur d’une chaîne de droit, qui distribue les revenus pratiquement. Donc, on a le créateur qui est payé son droit d’auteur. Mais on a aussi les autres maillons de ce chaînon qui sont pris en charge. Parce qu’il y a l’effet de stimulation. Et par ricochet, les autres secteurs, l’Économie, le Tourisme, et le Transport. »

D’où la nécessité, relève-t-il, de mettre en place « un budget-programme post-Covid pour pouvoir faire des tournages, de longs, et courts métrages, des documentaires, des séries télévisées. C’est ça qui donnera de l’emploi, et c’est ça la solution. »

Participant à l’effort de guerre, il rappelle qu’ils ont pris l’initiative de donner leurs catalogues à des entreprises « de manière gracieuse » pour occuper les Sénégalais confinés chez eux, de voir des films.

En attendant des effets d’atténuation sont attendus pour éradiquer le chômage des techniciens et des acteurs culturels. Dans ce sens, dit-il : « A travers le ministère de la Culture, et de la Communication, nous avons reçu des questionnaires pour recenser les difficultés que nous avons, du fait que notre principale activité, qu’est le tournage, s’est arrêté. Et les créateurs n’arrivent plus à travailler. Quand je dis les créateurs, c’est surtout l’aspect créatif et son industrie : C’est-à-dire les créateurs et les sociétés de production. Je salue l’ouverture du ministre de la Culture, qui vraiment travaille d’arrache-pied avec nous sur ces questions de reconnaître les problèmes du secteur. Il faut venir en aide pour continuer à gérer la stabilité macro, les sociétés de production, aider les créateurs au développement, prendre en charge les techniciens qui sont précaires, les acteurs, les comédiens ».

La pandémie a envoyé au chômage 1284 travailleurs dans ce secteur, 244 membres du personnel permanent et de 1.040 autres du personnel intermittent, à cause de l’annulation de nombreux plateaux de tournage et la fermeture des salles de cinéma et lieux d’exploitation et de distribution de films, pour des besoins du sous-secteur du cinéma estimés à 478 millions 612 mille F CFA.

Déjà, le Conseil d’administration de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV) a annoncé avoir mis en place un fonds d’un montant de 120 millions 603 mille 932 francs CFA pour accompagner les artistes pendant la crise sanitaire, répartis entre 30 mille et 500 mille F CFA.

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