CRISE EN GUINÉE : SEYDI GASSAMA INTERPELLE ALPHA CONDÉ ET LA CEDEAO

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JURY DU DIMANCHE

Seydi Gassama, le Directeur exécutif d’Amnesty internationale section Sénégal, se dit « très préoccupé par les atteintes graves aux droits et libertés en Guinée ». « La liberté de manifester est consacrée par la Constitution guinéenne, signale-t-il, dans le ’’Jury du dimanche’’ (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio et Itv, ce 20 octobre.

Le gouvernement ne peut pas empêcher aux Guinéens d’exercer ce droit. Si le président Alpha Condé pense que la majorité des Guinéens est avec lui, qu’il laisse ceux qui sont contre son troisième mandat manifester de façon pacifique mais déployer des milliers de membres des forces de sécurité y compris des militaires qui ne sont pas formés pour le maintien de l’ordre pour réprimer des manifestations pacifiques est totalement inacceptable. Les poursuites judiciaires contre des personnes pour appels à des manifestations sont également inacceptables. Nous demandons à ce que toutes les charges retenues contre ces personnes soient abandonnées, et qu’elles puissent rapidement recouvrer leur liberté. Nous voulons également que les dirigeants politiques qui sont séquestrés puissent rapidement retrouver leur liberté. Parce qu’il faut que cela s’arrête. Nous n’avons pas besoin d’être en Guinée pour savoir ce qui se passe dans ce pays. Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo ont dit qu’ils ont été séquestrés. Dans tous les cas, s’ils n’étaient pas séquestrés, on les aurait vu parmi les manifestants, ce sont des gens extrêmement courageux. Le 28 septembre, malgré toutes les forces que Dadis (Camara) avait déployées pour réprimer les manifestations, Sidiya et Cellou étaient là. »

Le droit-de-l’hommiste de poursuivre : « Il faut qu’Alpha Condé comprenne qu’il doit respecter le droit des Guinéens de manifester. L’Algérie le fait depuis plusieurs mois, autorisant les citoyens à manifester tous les vendredis même s’il y a quelques arrestations de personnes, qui soulèvent des drapeaux berbères. Mais, on constate que de plus en plus dans les pays du Maghreb, on est en train de prendre l’avance par rapport aux pays africains, en ce qui concerne le respect de certains droits et libertés, y compris le droit de manifester. Donc, nous exigeons que toutes les personnes arrêtées en ce moment soient libérées immédiatement et sans conditions. Que le gouvernement respecte les droits des Guinéens de manifester de façon pacifique ».

Concluant, Seydi Gassama interpelle la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour qu’elle « puisse se prononcer très clairement par rapport à ce qui se passe en Guinée ».

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