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Convictions partagées

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La fée s’est penchée sur le berceau des Lions. Pour revivifier des âmes assoupies, ces jeunes « fauves », joueurs aux talents multiples, ont décroché la timbale par une percussion de jeu jamais produite auparavant. Tout un peuple en liesse leur en a su gré de ces instants jubilatoires, sorte de folie messianique. La promesse d’un monde meilleur se lisait sur les visages épanouis de tous les âges confondus.

En un mot, le pays avait besoin d’air pour respirer. Le Bonheur, impossible à mesurer, se déchiffrait plus aisément tant la prouesse fut si grande qu’elle a été saluée par des puristes du ballon rond. Près d’un milliard de téléspectateurs ont suivi la finale de cette CAN new look, un des évènements sportifs mondiaux les plus regardés de la planète. Avec cette coupe si convoitée et conquise de haute lutte, le Sénégal a accru sa visibilité à une plus vaste échelle.

La victoire a mis du temps à se dessiner. Néanmoins elle est porteuse d’espoirs et de perspectives. Elle enclenche une série de dynamiques. De l’avis d’expert, une révolution peut très vite s’amorcer avec un regard neuf sur l’univers foot et son impact réel sur la vie de tous les jours.

En gagnant deux places dans le classement FIFA, le Sénégal entre non seulement dans le club des 20 mais, mieux, il conforte sa position grâce à la performance de l’équipe au cours de l’équipée camerounaise de la CAN 2021. Avec ce succès éclatant, le regard condescendant s’inverse pour devenir admiratif. Les acquis de l’expérience convertis en forces accroissent la puissance sportive du Sénégal.

Tout change depuis le 6 février. Et du coup, les Lions de la Teranga dominent les situations en même temps qu’ils maîtrisent les.... terrains. Ce vent, déjà favorable, va davantage souffler en direction d’autres succès attendus. Qu’est-ce que la NBA (basket américain) a à voir avec le football ? Par la magie de la télévision et du plaisant jeu des Sénégalais, une grosse vedette du championnat Us a craqué pour Sadio Mané.

Cette star des planchers est séduite par le caractère de l’enfant de Bombali qui dégage une forte personnalité. En définitive, le cœur se desserre. Par l’effectif qui la compose, l’équipe nationale a de solides arguments pour prospérer encore. Elle a les ressources et les moyens pour enrayer ses imperfections et se bonifier au fil des rencontres à venir.

La peur et la menace changent de camp du fait de ce mental de gagneur qui s’empare des joueurs. L’encadrement n’est pas en reste. Le staff réunit des dirigeants accomplis, militants du football depuis leur plus jeune âge et très en phase avec les évolutions et les exigences de la haute compétition.

Rien de ce qui touche au football n’est étranger aux membres de la Fédération sénégalaise rompus aux négociations, aux préparations et aux facéties de l’antijeu indétectable à l’œil nu. Ces pratiques, néfastes, -pourquoi le nier- existent toujours dans les instances footballistiques du continent.

De l’aéroport à l’hôtel en passant par l’itinéraire ou les entraînements à huis clos, nombre d’équipes africaines vivent de petites misères imputables aux indélicatesses de certains hôtes. Aucune équipe n’est à l’abri de ces agissements qui faussent le jeu pour de fallacieux prétextes d’enjeux avancés par de vrais faussaires.

Le prochain match des Lions face à l’Egypte suscite déjà des craintes en raison des obstacles qui peuvent se dresser sur le chemin des qualifications au mondial. Réputés tricheurs, les Pharaons empêchent l’adversaire d’évoluer sur sa vraie valeur. En tuant le jeu par le faux-jeu ils ôtent au football son charme, la création, la construction, l’offensive, la tactique et la stratégie.

Tous ces éléments sont constitutifs des facteurs de succès tant pour contenir les assauts que pour déjouer les pièges. En vérité, les ressorts du football sont inépuisables. L’époque bouscule la discipline qui obéit de plus en plus à des techniques sophistiquées : gestion des effectifs, mobilisation des moyens, découverte précoce de talents, plans de montée en puissance.

Les rivalités ne concernent pas que les « onze »sur le terrain. Elles opposent aussi les techniciens, chacun avec sa pensée sportive, son projet et aussi et surtout son « banc ». Cet aspect, hier négligé, devient vivant et relève désormais d’un exercice pointu. Une équipe dotée d’une profondeur de « banc » a toutes les chances de faire la différence ou de garder la distance.

Tout au long de son prodigieux parcours Le Sénégal s’est illustré par la qualité des remplaçants dont la déconcertante facilité d’adaptation prouve le bel esprit d’engagement qui prévaut. Bien évidemment, pour maintenir sa côte, l’équipe travaille ses actions d’influence en structurant ses atouts propres : la cohésion, l’esprit de corps, la rigueur, la performance et le maintien dans le haut niveau.

D’aucuns disent que les fiches d’informations de Aliou Cissé sont de très bonne facture. Il a une connaissance intime de la haute compétition. Il a plusieurs cartes en mains. Il sillonne le monde pour jauger l’état de forme des joueurs. Cissé a le sens de l’anticipation duquel découlent les bons choix qu’il opère suivant les nécessités. Pour avoir pensé au plus tôt à ce qui assure les victoires de demain, Alioune Cissé administre la preuve que la méthode gagnante s’éprouve d’abord.

Par Mamadou NDIAYE

15 février 2022


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