DE COMPTABLE À VENDEUSE DE LÉGUMES, COMMENT MARIE LAÏSSA NDIAYE A SAUTÉ À BORD DE SON VÉHICULE

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COUP DE COEUR

"Assalamou Aleykoum Ndiayenne trading gnowna". Cette voix résonne d’un haut-parleur fixé sur le pare-brise d’un véhicule 4X4. A son bord, on entrevoit de loin une jeune femme en gants. A l’arrière, la malle est ouverte. Après quelques manœuvres, la conductrice se gare et un attroupement se forme. La scène se joue sous nos fenêtres, aux Maristes. De plus près, plusieurs femmes s’extasient devant des caisses remplies de légumes frais. Une véritable aubaine !

Les ménagères qui ont la flemme ou qui redoutent de se rendre au marché dans ce contexte marqué par la présence du variant Delta et en plein hivernage où la pluie peut surprendre à tout moment, sont servies. C’est avec empressement qu’elles accourent, répondant à l’appel de la vendeuse de légumes pas comme les autres.

En effet, à bord de son véhicule, Marie Laïssa Ndiaye, la gérante de l’entreprise ’’Ndiayenne trading’’, sillonne les quartiers proposant des légumes frais. La malle de son véhicule 4X4 est remplie de caisses de légumes : carottes, poivrons, citrons, patates, oignons verts, piment, tomates, etc.

Une aubaine d’acheter des légumes juste devant sa porte

"Je n’irai plus au marché pour éviter de choper le coronavirus. Je m’abonne dès aujourd’hui", l’enjoint une dame, tout en lui indiquant son domicile situé à l’angle. "Je veux un kilo de poivron", se bouscule une autre dame. La calculette de la vendeuse marche alors à plein régime.

Et dire qu’il y a un peu plus d’un an, l’entrepreneuse était assistante-comptable dans une agence immobilière. "Je préfère travailler pour mon propre compte, justifie-t-elle. Déjà, il y a un stress mais c’est un stress que je me crée moi-même. Il ne m’est pas imposé."

Aujourd’hui, la jeune femme a plusieurs cordes à son arc. "Je fais la vente de légumes, de fruits de mer, de poissons et même de la volaille. Mais sur le véhicule, il n’y a que les légumes et quelques ’’guedj’’, ’’yet’’ et ’’nététou’’."

Pourquoi ce changement ? " J’ai bien réfléchi, et je me suis demandé, qu’est-ce que les gens ont besoin pour que je puisse le satisfaire ? Je me suis dit que les femmes utilisent beaucoup les légumes. C’est donc quelque chose qui pourrait marcher. Puis, j’ai démissionné pour créer mon propre business. Donc, l’idée m’est venue comme ça, et ça a commencé il y a un an."


"Du Guedj, du Yet, et des fruits de mer"

D’abord, elle proposait uniquement des fruits de mer. L’appétit venant en mangeant, elle s’est mise aux légumes qu’elle propose dans son véhicule. Je n’avais pas encore commencé à vendre dans la voiture. Avec la voiture, j’ai commencé il y a juste deux ou trois mois. Ça se passe bien. Parce que c’est un besoin qui est là, les femmes ont besoin de faire le marché mais certaines ont la paresse d’y aller, et d’autres n’ont pas le temps. Donc, je suis là pour elles."

Concernant les prix, elle explique qu’elle vend "en fonction du marché." Par contre, ajoute-t-elle : "je tiens compte du prix du carburant sauf que pour le bénéfice, si je dois avoir 100, j’aurais 90, parce que les 10 seront réservés au carburant. Mais, je gère ça."

Sur le circuit, elle confie que "dès fois, (elle) fait le matin, d’autres fois, le soir." Dans tous les cas, souligne-t-elle, "je quitte Golf, et je fais le tour des quartiers entre Maristes, Diamalaye, Nord-Foire, Ouest-Foire, et même Guédiawaye."

Elle se procure ses produits dans différents endroits, dont à Notto. "J’ai un frère qui cultive mais dès fois je me procure dans les marchés", ajoute-t-elle.

Des automobilistes, la plupart des hommes, lui jettent des regards noirs avant de contourner la ruelle où Marie Laïssa Ndiaye est occupée à servir ses clientes. Qui, elles, apprécient. "J’ai acheté le kilo de carottes à 900 F CFA au marché, la dernière fois. C’est le même prix qu’elle propose", commente une dame en pantalon et haut sombres.

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