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DANS LES COULISSES DE IFTAAR D’ITV

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Bés-bi plonge dans les coulisses de Iftaar, l’émission phare de iTv tout au long du mois de Ramadan. Arrivés des invités, préparation des éléments, les différentes rubriques. Découvrez les secrets. C’est comme si vous y étiez !

Le mois béni du ramadan bat son plein. Comme les années précédentes, iTv, fidèle au rendez-vous, présente encore aux téléspectateurs son talk-show spécial : Iftaar. Cette année, l’émission se déroule à Niary Tally, populeux quartier de Dakar. Coordonné par le journaliste Cheikh Sall, elle est co-présentée par Dj Boubs et Imam Birame Pouye. Des invités de marque, compétents et éloquents y défilent tous les soirs au grand bonheur des téléspectateurs qui restent scotchés devant leur télévision.

Un grand chapiteau dressé sur l’esplanade accueille les invités. Le décor du plateau est sublime. Il est attrayant. Le tout est agrémenté par l’odeur d’encens et des parfums de classe qui embaument le plateau. Cela est l’œuvre de Sokhna Awa Djili Mbacké. Cette dernière, assise à même le sol, est entourée de ses thermos remplis de café Touba et de thé en infusion qu’elle sert au public, aux invités et aux rubricards. Beignets, bonbons et autres produits alimentaires font partie des délices qu’elle offre sur le plateau.

A 21 h passées, les fidèles musulmans résidents de Niarry Tally, Grand Dakar, Biscuiterie, terminent leurs prières surérogatoires et convergent vers l’esplanade pour assister au talk-show. L’accès est filtré par un agent préposé à la sécurité. Les grands baffles diffusent des sonorités religieuses. Les cadreurs et les cameramen sont à pied d’œuvre pour les dernières installations. Tout comme à la régie où les techniciens testent les éléments qui sont prêts à être diffusés. Le régisseur qui assure la gestion du plateau pose les micros. Ici, tout est à l’ordre. Tout doit être parfait. Même le plus petit détail compte.

Tartila originalité

A 22 h, les premiers invités sont déjà sur place. La fraîcheur du soir commence à se faire sentir. Ils sont installés dans la salle d’attente. Vingt minutes plus tard, les présentateurs font leur apparition sur le plateau. C’est imam Birame Pouye qui se présente en premier, très élégant dans sa tenue traditionnelle. Puis arrive Dj Boubs, aussi élégant que son co-animateur.

Après qu’ils se sont bien installés, le régisseur leur distribue les fiches des rubriques. Flux et reflux, l’émission démarre. Comme il est de coutume, on démarre avec la rubrique « Li xew tay » qui revient sur l’actualité phare de la journée. Elle est commentée par les présentateurs et les invités. Après cela, place à « Tartila ». Cette rubrique fait l’originalité de Iftaar. C’est une partie de récitation de coran. Ici, les téléspectateurs envoient leurs vidéos qui seront transmises à un jury qui va les noter chacune. Et, celui ou celle qui aura la meilleure note sera récompensé (e). En sus de « Tartila », il y a les rubriques « invité », « Fatiliku », « Taajin », etc. Aussi, à chaque fois des animateurs religieux sont invités sur le plateau pour assurer l’ambiance. Le tout sur un décor arabesque, son et lumière avec des écrans plats installés tout au long du chapiteau, où défilent les différents sponsors.

La parole aux habitants de Niary Tally
La population satisfaite, mais réclame Taïb Socé
Les habitants de Niary-Tally, Grand-Dakar et Biscuiterie se disent satisfaits de voir que le groupe Emedia-Invest accorde toute cette attention à leur localité. Puisque durant la Coupe d’Afrique des Nations, une Fan-zone y avait été installée. Et rebelote avec Iftaar qui a été délocalisée dans cette commune. « Cela nous permet de voir de visu nos idoles. Et la population vient regarder chaque soir, car c’est une belle conception. Personnellement, j’adore Taartila, c’est la différence avec les autres émissions Ramadan. Mais nous aimerions avoir de plus en plus Taïb Socé sur le plateau », souhaite Moussa Taye, un jeune habitant à Grand-Dakar.

Absa Fall, bien emmitouflée dans sa djellaba, les mains dans les poches, tête bien voilée, malgré la fraîcheur des lieux, suit l’émission du début à la fin. « Je n’ai raté aucune émission. C’est un plateau de haute facture, pas de folklore. On apprend toujours avec les invités. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la simplicité des présentateurs, surtout Boubacar Diallo. Dès qu’il descend de sa voiture, il vient saluer main à main tout le monde, avant de regagner son plateau. Mais moi, j’adore Oustaz Taïb Socé, son discours est captivant », estime-t-elle.

Même son de cloche chez le vieux Moussa, accompagné de son épouse, il confie : « Vraiment, nous remercions iTv pour cette marque de considération, car on a caricaturé ce quartier d’insécurité. Comme l’a si bien dit Dj Boub’s, on reste jusque tard dans la nuit, il n’y a rien d’anormal qui se passe. Aujourd’hui, j’ai bien aimé la prestation de Serigne Mbaye Dondé Ndao qui m’a ramené à Tivaouane ». Une dame ajoute : « Nous sommes contents, j’aime tout le monde, mais ma préférence, c’est Taïb Socé. L’autre jour, j’ai raté son intervention. Il faut qu’il revienne, son Tafsir 2.0 avec imam Birame Pouye, je ne le rate jamais. C’est un bon duo, donc Boub’s on veut revoir Taïb. » Assises à ses côtés, Marème et Ndèye y vont de leur choix : « J’adore Awa Djili, c’est une grande dame, son style est unique, surtout ses foulards, Machallah. »

ATTRACTION DE IFTAAR
Sokhna Awa Djili Mbacké, la reine du foulard 5 mètres

Elle constitue l’attraction de Iftaar. Chaque soir, elle est très attendue par le public. Elle, c’est Sokhna Awa Djili Mbacké. Cette femme dont la noirceur d’ébène ne passe pas inaperçue partout où elle passe, draine des foules, du fait de son style vestimentaire. Telle une liane, elle dégage beaucoup feeling. Quand elle parle ou marche, c’est avec grâce, comme une Saint-louisienne qui se dandine dans les rues à l’heure de Takussanu ndar. Tata Awa, comme on l’appelle, s’habille de manière élégante, en grande dame, à la sénégalaise. Sa marque, ce sont ses foulards de plus trois de mètres. D’où le pseudo de « Reine du foulard » qu’on lui colle. Ses faux ongles mis en valeur par le vernis, son maquillage soft, ses faux cils, ses bijoux de valeur ne laissent personne de marbre. Que dire de la bonne senteur qui se dégage de son corps ! Sur le plateau riche de Iftaar, avec un décor arabesque, où se dégage les effluves d’encens sans qu’on aperçoive la fumée.

Le foulard de Tata Awa et le policier
Son rôle dans Iftaar est d’accueillir les invités par une gamme de vaisselles de valeur bien rangées contenant de la soupe, ainsi que des thermos remplis de café, de thé, etc. Interrogée sur son habillement et son foulard de près de 5 mètres, elle dit : « La femme africaine, notamment la femme sénégalaise, a sa signature qui lui est propre. C’est le grand boubou, assorti d’un foulard et les bonnes senteurs d’encens. ‘’La manière de donner compte plus que ce que l’on donne’’, dit-on. Alors, à Iftaar, je m’occupe des invites en étant aux petits soins. Moi, j’adore prendre soin de moi, c’est mon propre plaisir ». Le fait le plus cocasse, samedi dernier, alors qu’elle était tranquillement assise dans la voiture pour se rendre à Iftaar, des agents de la police ont interpelé le chauffeur pour excès de bagage. Alors que ce n’était pas une surcharge de bagages mais c’est le gros foulard de Tata Awa qui a débordé. Le policer, qui n’en croyait pas ses yeux, s’est tordu de rire avant de les laisser partir. Sur le plateau de Iftaar, Dj Boub’s raille : « C’est ça qu’on appelle débordement de moussor, mes amis policiers, il ne faut pas arrêter Awa Djili. »

IMAM BIRAM POUYE, CONCEPTEUR DE IFTAAR

« Durant le Ramadan, on faisait comme si les Tarikha étaient des écuries »

Imam, que signifie Iftaar, c’est quoi son concept ?
Iftaar est avant tout un terme arabe, un terme islamique ensuite. Iftaar signifie la rupture du jeûne. C’est-à-dire, le soir de chaque Ramadan, la rupture du jeûne avec toute la famille. Maintenant, nous, on a pensé utiliser ce terme qui est connu en islam, que souvent les pays arabes connaissent, pour essayer de l’adapter au Sénégal. Le concept de Ifatar, c’est qu’on sort, on n’est pas au bureau ou dans les plateaux, on va à l’extérieur pour montrer l’image du Ramadan, être avec tout le monde qui participe. On crée un décor qui attire et on met la sonorisation.

Iftaar est devenu en si peu de temps un rendez-vous très attendu, c’est quoi sa particularité ?
S’il en est ainsi, c’est parce qu’il y a l’utile qui est joint à l’agréable. Il y a du divertissement certes mais puisque c’est le Ramadan, on pense une émission très islamique, très spirituelle. Maintenant, souvent, au Sénégal, quand c’est 100% islamique, ça n’attire pas. Quand il y a un oustaz qui commence, les gens n’ont pas envie d’écouter ou de regarder. Nous avons pensé cumuler les deux, à savoir avoir un Dj (Boubacar Diallo) un homme connu, qui peut capter l’assistance et, à côté, essayer de trouver un autre imam plutôt moderne pour un discours acceptable, que les jeunes pourront aisément comprendre. L’originalité, c’est le concours de récital de Coran « Taartila ».

Parlez-nous du contenu de votre émission ?
Iftaar est composé de rubriques avec des rubricards, avec beaucoup de sujets. Par exemple, le lundi, on parle de sport ; le mardi, c’est société ; le mercredi, la politique ; le jeudi, la religion et le vendredi et samedi, c’est le talk-show 100% ambiance, avec des chanteurs religieux, des artistes, des lutteurs, des gens qui drainent du monde. On se repose le dimanche pour revenir en force le lundi. Il faut préciser aussi que dans les rubriques, seul « Taartila » et « Li xew tay » sont quotidiens, « Fatéliku » c’est deux fois par semaine. Il y a la rubrique « Tandarma » qui consiste à aller voir comment une célébrité passe le ramadan chez elle, « Mim Reew » avec Aminata Ndong Ka, qui est une découverte. La nouveauté cette année, c’est « Linu Boolé », (ce qui nous rassemble) géré par Cheikh Sall. L’idée de base, c’est qu’on a remarqué que durant le Ramadan, avec le talkshow, on faisait comme si les Tarikha étaient des écuries. Nous, on a voulu montrer une autre image des « Tarikha ».

Comment avez-vous pu fidéliser vos annonceurs qui ont augmenté cette année ?
Je pense que c’est l’offre. Et Dieu merci, depuis trois ans qu’on a lancé Iftaar on a eu beaucoup de sponsors. Cette année, nous sommes à 14, des grandes marques.

Le concept du décor est tradi-moderne, pourquoi ce choix ?
Vous savez, l’idée de Iftaar, c’est d’abord qu’on sent la religion. Et souvent, elle est très liée à l’environnement arabe. C’est pourquoi nous avons tout ce qui est arabesque, mais on garde aussi l’environnement du Sénégal.

Adama Aïdara KANTE

19 avril 2022


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