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DE LA TOUCHE À TITULAIRE INDISCUTABLE

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Contrairement à ce que pensent beaucoup de Sénégalais, Oumar Sy était au cœur du processus électoral, donc tout ce qui a été fait depuis le début jusqu’aux investitures des listes de Yewwi askan wi, si l’on en croit des sources proches de la Coalition. Mais, pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, un candidat, fut-il tête de liste au niveau des suppléants, se retrouve avant les élections dans la posture d’une tête liste nationale titulaire. Le cas Oumar Sy est l’exemple même de la main invisible de Dieu.

Si on veut être député au Sénégal, il n’y a pas mille chemins. Il faut se battre pour être sur la liste des titulaires et surtout être dans la bonne position. Parce que nous savons tous que les suppléants, c’est presque une formalité administrative. Pour dire donc que l’actuel tête de liste des suppléants de Yewwi askan wi (Yaw) n’a rien fait pour être sur la liste des titulaires. À en croire un de ses proches, il n’a jamais manifesté l’ambition d’être député. En somme, c’est quelque chose qui lui est tombé dessus, tout simplement. Pour être plus précis, c’est un concours de circonstances qui a fait que les projecteurs sont braqués aujourd’hui sur sa personne, parce qu’il n’est pas la tête de liste nationale de la coalition Yewwi. Cette dernière est connue de tous. Il s’agit bien d’Ousmane Sonko et, à croire le patron de Pastef et même la plupart de ses collègues de la conférence des leaders, il le demeure, malgré la décision du juge des élections.

Un poste de député déjà adjugé

Oumar Sy, sauf catastrophe, est déjà député. « Parce que simplement si nous prenons comme référence l’élection locale que nous venons de dépasser, ne serait-ce que ce que la coalition Yewwi avait engrangé comme voix, les projections leur donnent un nombre de députés assez important sur la Proportionnelle », expliquait le mandataire Déthié Fall lors d’une conférence de presse. Ce qui amène notre source à dire qu’aujourd’hui, si Yewwi est en compétition dans tous les départements, y compris la diaspora, les jeux risquent d’être très serrés entre elle et Benno. Compte non tenu des départements qu’il pourrait remporter. « Forcément, on vise la majorité et c’est très possible », lâche un de ses membres. Avant de poursuivre : « Nous sommes très confiants surtout avec les retours que nous avons et l’inter-coalition avec Wallu. Surtout que la stratégie cherche à coincer Macky Sall dans les départements avec le Raw gaddou (phénomène majoritaire). » Dans l’entourage de la tête de liste des suppléants de Yewwi, devenu par la force des choses la tête de liste nationale, en faisant le bilan de la 13e législature, un seul qualificatif vient à l’esprit : l’Assemblée nationale ou l’institution est dans un état de mort cérébrale. « Et nous, ce que nous disons, c’est que si nous arrivons à avoir la majorité, c’est de voir comment le sortir de ce coma-là », nous informe-t-on.

Oumar Sy et le virus politique

La réponse est d’entrée non. La tête de liste nationale des suppléants de Yewwi askan wi aux Législatives du 31 juillet prochain est presque née dans un environnement politique. Ne serait-ce que si nous remontons l’histoire politique du Djolof, le premier adjoint au premier maire de Linguère, Maguette Lo, était le grand frère direct de son papa. Ce dernier s’appelait Alé Badara Sy. Ensuite, Habib Sy est arrivé. Sous le magistère du Président Abdoulaye Wade, l’actuel membre éminent de la conférence des leaders de Yaw a occupé nombre de stations au sein du gouvernement, dans le cabinet du président en tant que ministre d’État, Directeur de Cabinet et, bien sûr, comme premier magistrat de la ville de Linguère. Donc, tout cela prouve qu’il est né et a grandi dans un environnement très politique.

Aujourd’hui, Oumar Sy est dans la formation politique le PEM de Habib Sy. Une source proche du directoire de ce jeune parti politique pense, d’ailleurs, que l’avènement de la coalition Yewwi askan wi a permis à Habib Sy de faire le bon choix. Il pense que le Sénégal ne devrait pas être dans cette situation que l’on vit actuellement, parce que nous avons tout pour nous en sortir. L’un dans l’autre, dans l’entourage de Oumar Sy, on pense mordicus que « cette élection est un signal fort pour le Président Macky Sall. Les Sénégalais ont la possibilité de régler la question du 3e mandat le 31 juillet ». À les en croire, tout ne se limite pas seulement autour de cette 3e candidature. Connaissant le rôle que l’institution parlementaire peut et doit jouer, leur objectif c’est de prendre la direction de l’action gouvernementale. « Qu’on soit les maîtres d’œuvre et ce n’est que la majorité qui pourra nous le permettre. L’alternance peut commencer maintenant. Avec tout ce qu’on a comme ressources naturelles, on n’hésitera pas à remettre les choses à plat pour renégocier les contrats au grand bénéfice des Sénégalais », arguent-ils.

L’autre facette de Oumar Sy

Le jeune quadra est un cadre de l’aviation civile. Aujourd’hui, il occupe le poste de chef de service Formation et Certification au niveau de la direction de la sûreté et de la facilitation au sein de l’ Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Au niveau national, il est inspecteur et auditeur en aviation civile. Avant cela, il a été chef de service des achats qui se justifie par un master en passation des marchés publics décroché dans le cadre d’un programme de coopération entre l’université de Laval, l’École nationale des Régies financières de Ouagadougou et Idea International. Mais il faut dire, qu’après son cursus universitaire orienté vers la sociologie des organisations, c’est un projet national de développement qui s’active dans l’entreprenariat rural, financé par le Fida et l’État du Sénégal qui loue ses services. Son poste d’affectation fut l’antenne de Kolda qui couvrait toute la région éponyme et celle de Tambacounda.

C’est par la suite qu’il a intégré l’Agence nationale de l’aviation civile. Pour ce qui concerne son cursus universitaire, Oumar Sy est sociologue de formation. Après son bac, il s’est envolé vers la France et plus précisément à Amiens où il a eu un Deug de Sociologie. Il intègre ensuite l’université Paris 5, René Descartes, de la Sorbonne où il a eu sa licence et sa maitrise. Pour se spécialiser, il fait cap sur l’université Paris-Dauphine à la recherche d’un DEA en sociologie des organisations qu’il a eu à décrocher avant de rentrer au pays, malgré les possibilités qu’il avait sur place, c’est-à-dire intégrer l’école doctorale pour faire sa thèse.

« Il aurait pu être le premier Sadio Mané du Sénégal »

Comme tout jeune de son époque à Linguère, Oumar Sy a eu à taquiner le ballon rond. Il a eu à évoluer dans la catégorie cadet des Odb (Onze diables du ballon) et l’Asc Tandem en Sénior toujours à Linguère. « Nous qui l’avons vu jouer savons qu’il aurait pû être le premier Sadio Mané du Sénégal ou, au pire des cas, aller très loin dans le cadre d’une carrière de footballeur dans le milieu professionnel. Ceux qui le connaissent savent qu’il a raté sa vocation. Il fut un excellent numéro 10 », témoigne un ami à lui. Donc, il est attendu de lui qu’il remette au goût du jour ses talents de numéro 10, de dépositaire du jeu, sur un autre terrain, celui de l’hémicycle.

Mandiaye THIOBANE

26 juillet 2022


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