DÉBAT PUBLIC :« NOUS SOMMES DANS UN CONTEXTE CULTUREL TRÈS PAUVRE »

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MATINALE IRADIO

L’appauvrissement du débat public intrigue l’ancienne Secrétaire générale du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics). Diatou Cissé note que cela est dû au retrait des savants de l’espace public. « Je pense que les vrais sachants, les experts sont noyautés par ceux qui ne savent pas et qui font leur auto-promotion dans l’espace public. Le 2e facteur est que le contexte sénégalais ne prête plus au débat intellectuel », a-t-elle analysé, ce jeudi, à la ’’Matinale d’Iradio (90.3).

Selon la journaliste, il y a beaucoup de pertes par rapport à la quête du savoir. « Pour ceux de ma génération, il nous arrivait de rester tard dans la soirée à l’auditorium de l’Ucad pour suivre des débats passionnés d’intellectuels. Les gens organisaient, presque tous les samedis, des conférences sur des questions hautement intellectuelles où des idées étaient agitées. On en sortait avec un plus. Mais maintenant, nous sommes dans un contexte culturel très pauvre, sans véritable débat avec des enjeux bien clairs », regrette-t-elle.

Son co-débatteur a abondé dans le même sens. Inspecteur de l’Éducation, Alioune Ndiaye indexe les adultes qui sont les références des jeunes. Malheureusement, a –t-il estimé, ce sont ces adultes qui ont des comportements non-cathodiques au sein de la société. « Nos dirigeants sont interpellés. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux, au lieu de constituer des modèles, sont des anti-modèles. Et malheureusement, ils sont en train de servir aux enfants de mauvais exemples, parce qu’ils imitent. Et ça, des penseurs l’ont dit. Quand un adulte insulte et se fait enregistrer avec ses insultes propagées sur les réseaux sociaux, nous ne pouvons que former des enfants qui seront des insulteurs publics », relève l’inspecteur.

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