DÉFIS MULTIPLES EN AFRIQUE, DES INTELLECTUELS S’ENGAGENT

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Rapport alternatif sur l’Afrique (RASA)

Un document qui fera date : le rapport alternatif sur l’Afrique (RASA) dont le numéro zéro, édition 2018, vient d’être produit. Fruit d’une réflexion concertée, il se veut « une initiative essentielle de réparation-correction (…) et un lieu de renversement philosophique et idéologique des analyses sur l’Afrique. »
Les auteurs, des intellectuels, des activistes et des citoyens ont pour ambition, à travers ce rapport, de « renverser les visions misérabilistes et économicistes véhiculées sur l’Afrique. »
A la fois perçu comme « un puits de ressources naturelles, un partenaire éternellement assisté, le continent apparaît aussi comme un « maillon faible des réseaux de pouvoir qui décident le monde. » Si bien que le renversement du regard s’imposait pour renouveler le regard, l’approche et la lecture pour donner à voir contre les préjugés. D’où l’urgence d’une « affirmation autonome d’une centralité africaine dans le discours sur l’Afrique », indique le rapport dont la valeur ajoutée est de « contribuer à renforcer cette autonomie et cette capacité à penser l’avenir des sociétés. »

En d’autres termes, le but poursuivi consiste à définir des principes et des mesures des progrès accomplis et à contribuer à « renverser les paradigmes paralysants ancrés dans les individus, les groupes et les institutions africains. » Vaste programme en effet. Mais cela ne paralyse pas les concepteurs du rapport qui, dans un élan unitaire, estiment venu le moment de positionner l’Afrique « différemment du passé » comme un acteur « respecté, ayant une vision de son futur, conscient de sa dignité et travaillant sur ses forces comme sur ses faiblesses. »

Traversée par des visions « optimistes et pessimistes », l’Afrique semble devenue « la nouvelle frontière normative du monde » avec des perspectives d’avenir décrites comme prometteuses et positives. Vigilants et ayant le sens de l’étape, les auteurs du RASA s’interrogent : est-ce la situation qui change ou est-ce le regard qui évolue ? Revisitant le concept de développement, ils soulèvent de pertinentes objections au gré des cycles et des logiques de domination allant de l’ajustement structurel à la lutte contre la pauvreté jusqu’aux acceptions plus subtiles « d’émergence » ou de transformation de l’économie ».

A travers ce document, synthèse d’une série d’analyses percutantes, le RASA, s’apprécie comme un « espace de rencontres entre intellectuels, activistes et citoyens appelés à contribuer à sa production pour refléter la complexité et la diversité des acteurs qui font le continent autrement. »
L’objectif global poursuivi vise à atteindre et à peser sur les consciences avec des objectifs spécifiques centrés sur la compréhension des dynamiques, la mobilisation des énergies et les actions à entreprendre pour « transformer le monde.

Des plumes engageantes se sont associées dans cette aventure intellectuelle afin de porter loin « la voix et la voie de l’Afrique » articulées autour de thèmes qui balaient toutes les questions dont les prémices de réponses structurent notre rapport au réel. L’effort est méritoire. Les intellectuels réunis, pour la bonne cause, ont des parcours jalonnés de défis. Un pari réussi : oser penser par soi pour une estime de soi fondatrice d’une quête de sens.

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