NGAAKA BLINDÉ EST LIBRE

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CHAMBRE CORRECTIONNELLE

Arrêtés dans la nuit du 18 au 19 décembre 2017, le rappeur Ngaka Blindé et son codétenu, Khadim Thiam, jugés, ce mercredi, pour contrefaçon, falsification et altération de signes monétaires ont bénéficié d’une liberté provisoire. Le président de la deuxième chambre correctionnelle, Maguette Diop a pris cette décision au moment où le public, venu nombreux assister au procès, ne s’y attendait pas. « Nous leurs accordons la liberté provisoire » ! Cette phrase surprenante du juge a fait un boom dans le cœur des fans du rappeur. Ça chante, ça crie et ça danse au tribunal. Un concert improvisé, dirait-on. Le nom du rappeur est scandé partout dans le tribunal. Avec cette décision, le rappeur pourra passer les fêtes de fin d’année avec sa famille et ses fans.

Auparavant, les avocats des prévenus ont fait leurs plaidoiries pour solliciter la relaxe de leurs clients. Pour Me Anta Mbaye, les conditions requises par la loi pour asseoir la culpabilité des prévenus ne sont pas établies. Il n’y a, à son avis, aucune délinquance de nature à les rendre coupables. De l’avis de Me Aboubacry Barro, Ngaka blindé devait être libéré en lieu et place de le jeter en pâture. « Où est Thione Seck ? Il a été arrêté pour des choses plus graves et il est dehors. Il y a des personnalités qui ont été accusées de meurtre et qui vaque tranquillement à leurs occupations », fulmine l’avocat de la défense, laissant entendre qu’il y a, au Sénégal, une justice de deux poids, deux mesures.

« C’est méchant de vouloir envoyer ce jeune en prison », explose l’avocat qui plaide la relaxe à titre principal et l’application d’une plaine clémente subsidiairement. Pour sa part, Me Moustapha Dieng dit ne pas comprendre le renvoi des prévenus devant le tribunal aux fins d’être jugés. « Ce qui s’est passé est très grave. On semblait vouloir faire de cet artiste un vulgaire trafiquant de billets. Cela est injuste », dénonce Me Dieng. Qui indique que le rappeur n’est pas un fossoyeur de l’économie sénégalaise parce qu’il n’a pas détourné les deniers publics de l’Etat et n’a jamais été épinglé par l’Ofnac. Me Djiby Diallo n’est pas allé par quatre chemins pour faire savoir qu’ « un Etat qui poursuit ses artistes est un Etat qui se tire une balle sur la tête. Ce, parce qu’il tue la créativité ».

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