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DES ACTEURS PLAIDENT POUR LE FINANCEMENT DE LA CMU PAR RECETTES MINIÈRES

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Un atelier portant sur les recettes du secteur minier comme source de financement de la Couverture maladie universelle (Cmu) au Sénégal a été tenu, ce mercredi, par l’Ong lead Afrique francophone. Ce fut une occasion de partager une étude portant sur l’accès à la santé, ressources minières et le rôle des politiques publiques au Sénégal. Laquelle a été menée par des chercheurs affiliés à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (santé) et de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Cette étude est sous tendue par le fait que les soins de santé au Sénégal sont majoritairement financés par les ménages soit 56%. En comparaison, le gouvernement assume seulement le quart des dépenses en santé. Ces sommes comptent pour une proportion marginale des dépenses publiques gouvernementales (4%), une proportion très inférieure à l’engagement pris par l’Etat, en signant la déclaration d’Abuja de 2001, de consacrer 15% de son budget national à la santé.

En plus des nombreux obstacles à une mobilisation des ressources minières pour financer la Cmu. D’après le professeur Fatoumata Hanne, le financement de la Cmu par les recettes minières demeure une arlésienne. Dans la mesure où « le potentiel de financement de la santé à partir de ressources minières ne peut être nié. Mais la question centrale demeure celle de réconcilier les stratégies des entreprises minières qui sont habituellement de court terme et touchent le plus souvent les communautés immédiatement avoisinantes, par opposition aux objectifs de la Cmu qui concernent le moyen et long terme, l’égalité et l’intégration sociales ».
« 40% des recettes minières en 2019 auraient pu couvrir la totalité des dépenses des initiatives de gratuité »
D’après la chercheure, l’approche dominante pour financer la santé à partir des ressources minières aux collectivités locales, laisse à désirer. « Car cette contribution est limitée dans le temps, conditionne l’accès à la santé des populations à la présence et la vitalité des activités minières et ne s’arrime pas aux orientations de politiques publiques définies par l’Etat dans le domaine de la santé », a expliqué Mme Hanne.
Il ressort des résultats de la recherche que « les recettes minières d’une seule année représenteraient une source substantielle de financement des initiatives de gratuité en santé ».
Selon l’étude, en 2019, selon les sources officielles, la contribution des recettes minières au budget national représentait 127,14 milliards de francs Cfa. En comparaison, les initiatives de gratuité de la Cmu ont couté entre 2015 et 2020, 52,9 milliards de francs Cfa. Cela signifie que 40% des recettes minières encaissées au budget national en 2019 auraient pu couvrir la totalité des dépenses liées aux initiatives de gratuité pendant 5 ans. Ce qui comprend la césarienne, la dialyse, le plan sésame et les soins aux enfants de moins de 5 ans.

Suzanne SY

12 octobre 2022


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