DES ÉCONOMISTES SOUPÇONNENT DES VISÉES ÉLECTORALISTES

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TENSIONS BUDGÉTAIRES

Doudou Ndiaye, chercheur en économie et enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) met à nu l’option de l’Etat du Sénégal consistant à bloquer les prix malgré les tensions de trésorerie. Selon lui, l’Etat-providence a des limites. Contacté par Iradio, il explique : « L’Etat du Sénégal et les autorités en charge de l’économie doivent de plus en plus amener les Sénégalais à vivre la réalité économique. Cette situation d’Etat-providence ne peut pas continuer à prospérer et permettre à ce pays d’aller vers l’émergence et le développement. »

Il faudrait, souligne-t-il, « que le Sénégal ait au moins un secteur économique qui se développe, soit le tourisme, soit la pêche, ou un autre, puisse créer une surproduction à partir desquelles on pourrait compenser ce gap qu’on connait avec l’augmentation du prix du baril de pétrole. Sans cela, l’Etat va enfoncer le clou. »

Pr Mbaye Aw ne dit pas le contraire. D’après lui, l’Etat ne pourra pas continuer à tout supporter. « C’est dans la logique, détaille-t-il, des anticipations adaptatives et des anticipations rationnelles. Si un Etat rationnel parvient à soutenir, de part les subventions, les prix à la pompe, tout dépend aussi des prix internationaux. Et, l’Etat ayant d’autres postes de dépenses, ne pourra pas supporter. Normalement, l’Etat devrait dans les conditions normales rabattre l’augmentation des prix de l’essence et du gasoil, pour éviter de toucher les autres parties de l’économie. »

« L’Etat, insiste Doudou Ndiaye, n’a qu’à dire la réalité économique comment cela se passe, pour que tous les Sénégalais puissent le supporter. En réalité, il n’y a qu’un seul financier dans un pays, ce sont les citoyens et il faudrait qu’on trouve des solutions et les solutions, on les trouvera qu’à partir des populations. Vouloir supporter ça pour eux, tôt ou tard, cela va être plus lourd et plus difficile. Cette vérité des prix sera respectée d’une manière ou d’une autre sur les populations. »

Les économistes soupçonnent des visées électoralistes, histoire, indiquent-ils, de ne pas prendre de mesures impopulaires à trois mois de la présidentielle de 2019. Et, la mesure est certes sociale mais elle ne peut pas prospérer au regard d’une certaine logique économique.

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