DES MANIFESTANTS RISQUENT CINQ ANS DE PRISON, ALPHA CONDÉ TENTE DE CALMER LE JEU

news-details
GUINÉE

Les responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont le coordonnateur, Abdourahmane Sanoh, encourent cinq (5) ans de prison, en plus d’une amende de deux millions de francs guinéens (environ 127 000 F CFA). Ce, suite au réquisitoire du Procureur de la République près le Tribunal de première instance, Sidy Souleymane Ndiaye, au lendemain des heurts ayant occasionnés morts d’homme en Guinée.

Sanoh et Cie ont été arrêtés à la veille des violentes manifestations (pour empêcher le président guinéen, Alpha Condé, de briguer un troisième mandat), qui ont secoué le pays et entrainé la mort d’une dizaine de personnes.

La justice qui entre en action, malgré la vive tension, a attrait à la barre Abdourahmane Sanoh, Bille de Sam, Sékou Koundounou, Abdoulaye Oumou Sow, Bailo Barry, Ibrahima Diallo, Mamadou Sanoh et Mamadou Bobo BA. Ils sont poursuivis pour actes de nature à compromettre la sécurité publique et porter atteinte à l’ordre public.

Dans un message adressé à l’opinion guinéenne et internationale, l’opposant Cellou Dalein Diallo soutient qu’il est séquestré chez lui. « Un arsenal de véhicules militaires et d’agents armés bloquent tous les accès. De quoi Alpha Condé a-t-il peur ? Je ne renoncerai pas au combat citoyen, de tout cœur avec défenseurs de notre démocratie qui sont dans la rue et dans les prisons depuis lundi ».

Par la suite, il a également annoncé que le blocus dont il faisait l’objet avait été levé. « Le dispositif militaire qui bloquait l’accès à mon domicile a été levé hier vers 17h30, a-t-il révélé ce samedi matin. Merci à la presse et aux ambassadeurs des USA, de France, de l’UE & à Thiema Koulibali de l’OIF, dont les actions et les démarches ont permis de mettre un terme à ma séquestration. »

La réaction du président Alpha Condé

Le Gouvernement guinéen, qui a réagi, souligne, dans un communiqué, que le chef de l’Etat, Alpha Condé, a donné des instructions fermes afin que le maintien de l’ordre soit assuré exclusivement par les services de Police et de la Gendarmerie nationale, et qu’il se fasse avec des armes non létales, comme il est d’usage, sous peine de sanctions exemplaires.

En outre, le Gouvernement déplore « l’appel à manifester de l’opposition en dénonçant une action de déstabilisation de l’Etat et de ses Institutions, et une sérieuses menaces pour la sécurité nationale ».

Par ailleurs, « des instructions ont été données pour faire toute la lumière sur les faits pour en tirer toutes les conséquences », déclare le gouvernement, après avoir « regretté et condamné les incidents survenus parfois, avec des blessés et des victimes, y compris parmi les forces de sécurité ».

Vous pouvez réagir à cet article