DIAMIL FAYE : « J’AI DES RELATIONS AVEC AHMED YAHYA QUE JE N’AI PAS AVEC AUGUSTIN SENGHOR »

news-details
PRÉSIDENCE CAF

Ancien président de Guédiawaye Football Club, Diamil Faye avait quitté la scène du football sénégalais sur fond de conflit avec la fédération sénégalaise de football, dirigée par Me Augustin Senghor. Réputé très influent dans les coulisses du monde du sport, acteur majeur de l’équipe de campagne en faveur de l’organisation des Jeux Olympiques pour les villes de New York 2012, Sotchi 2014, Tokyo 2020 et Paris 2024, qui s’apprête à organiser une conférence internationale virtuelle sur le football africain, le consultant international s’exprime, dans cet entretien exclusif avec iTV, sur l’élection du 12 mars prochain, en révélant sa grande proximité avec un des candidats, le Mauritanien Ahmed Yahya. Ce qui rendrait presque impossible toute idée de soutien à la candidature de son compatriote Me Senghor avec lequel il n’a plus aucune relation.



Dans un peu plus d’un mois, la CAF renouvellera ses instances et c’est le poste de président qui cristallise toutes les attentions avec cinq candidats déclarés, dont le Sénégalais Me Augustin Senghor. En tant qu’observateur du football africain, comment évaluez-vous ses chances d’être élu ?

En matière d’élection, tant que le vote n’est pas fait, chaque candidat a ses chances d’être élu. C’est l’évolution de la campagne qui déterminera le mieux placé, quand ils présenteront leurs programmes et noué des alliances ici ou là. Après, c’est comme une course, quand les meilleurs sont sur la ligne de départ, il peut y avoir plusieurs paramètres comme des faux départs, des claquages, qui peuvent faire que celui qui était désigné favori au début ne gagne pas au bout. Il y a beaucoup de variantes qui sont là dans une élection. Augustin (Senghor) a ses chances comme tous les autres. Maintenant, c’est une campagne qui commence à peine, il faudra jouer des coudes, être présent, être très agressif dans la campagne, pour espérer gagner.

Des sources font état du fait que vous soutiendriez le candidat mauritanien, Ahmed Yahya. Est-ce avéré ?

Aujourd’hui, les soutiens qu’il faut vraiment avoir c’est celui des fédérations. Je sais que quand vous évoquez des sources, vous faites allusion à la proximité que j’ai avec le Mauritanien Ahmed Yahya. Mais c’est très clair : Ahmed, c’est un ami. Il y a quelques années, en 2011, la FIFA m’avait envoyé en Mauritanie où à l’époque, la fédération était poussiéreuse, et m’avait demandé d’aider à faire avancer les choses. Il a mis en place un programme que j’ai aidé à mettre en œuvre. Depuis lors, on a des relations solides. Avec lui, j’ai des relations que je n’ai pas avec Augustin Senghor, ça je ne peux pas le nier.

Doit-on comprendre donc que vous confirmez votre soutien pour Yahya ?

Je ne confirme pas que je soutiens X ou Y. Aujourd’hui, je suis consultant pour la FIFA, je me défendrai déjà de m’afficher avec un candidat. Ce que je dis, c’est qu’en termes de relations, tout le monde sait ce qui s’est passé entre Augustin Senghor et moi lors les années passées mais je ne peux que lui souhaiter bonne chance pour l’élection. Il y a une différence entre les deux candidats : il y a un candidat avec qui je suis en contact régulier, pratiquement tout le temps, qui me parle de ses projets et tout et un candidat avec qui je n’ai aucun contact. Si maintenant, vous concluez que c’est cela être pour Ahmed Yahya, je vous laisse votre conclusion. Ahmed Yahya, on se parle très régulièrement. Quand je vais en Mauritanie, on se voit tout le temps sinon, on est toujours en contact. C’est mon ami et quand ton ami te demande des conseils, tu ne peux que lui dire ce que tu penses. Par contre, si quelqu’un ne demande pas ton avis, tu ne peux pas le lui donner.

Du coup, s’il vous appelle d’ici la fin de la campagne, pour solliciter votre appui, quelle sera votre position ?
- 
Si Augustin m’appelle ? On va discuter. Mais, vous savez, avec des si... S’il m’appelle, on discutera. Je n’ai pas de problème, je suis très ouvert. Il fut un temps où j’avais de très bonnes relations avec Augustin Senghor, bien avant même qu’il ne soit président de la Fédération. Je peux même dire que j’avais de meilleures relations avec lui qu’avec n’importe quel autre dirigeant du football sénégalais. Après, les choses ont évolué d’une façon que tout le monde a vu, mais je pense que même si nous avons pu avoir des désaccords, on aurait pu se retrouver et discuter. Mais tant que ces retrouvailles n’ont pas lieu, il sera difficile de parler de conseils, d’avis et autres. Ensuite, il faut aussi voir qu’Augustin Senghor a annoncé sa candidature au dernier moment. Je ne sais pas pourquoi, mais bien avant cela, Ahmed Yahya m’avait déjà contacté pour me dire qu’il avait la volonté de se présenter et il m’a également parlé quand il a officialisé sa décision. Pour finir, je pense qu’Augustin Senghor, s’il doit gagner la présidence, il le fera sans mon apport. Je ne pense pas qu’il ait besoin de moi pour ça.

Vous pouvez réagir à cet article