DIEYNABA GUÈYE, ANCRÉE À LA CRIÉE (6/8)

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UN JOUR, 8 FEMMES

Son métier l’a rendue célèbre. Dieynaba Gueye est vendeuse de journaux, qu’elle exercice depuis 2002. Du groupe de femmes avec qui elle avait démarré le projet, elle est, aujourd’hui, presque la seule qui n’a pas abandonné. Une histoire de passion.

Tout commence en 2002. Celle, qui a côtoyé des professionnels du journal Le Matin, saute sur la proposition faite par un ami, un vendeur de journaux, qui voulait ouvrir le milieu aux femmes. Depuis lors, 17 ans aujourd’hui, elle quitte très tôt Thiaroye, dans la banlieue dakaroise, où elle se réveille à 03 heures tous les matins, pour se rendre à l’Université pour se procurer son lot de journaux avant de retrouver son territoire vers 04 heures du matin. La dame à l’allure d’une adolescente, casquette bien vissée sur la tête cachant ses mèches, a su bien marquer son territoire sis au niveau du carrefour de l’ancienne place OMVS de Dakar, sur l’avenue Cheikh Anta Diop, à l’entame de la Voie de dégagement nord (VDN).

Des clients célèbres

Parmi ses fidèles clients, liste-t-elle, il y a un certain, Pape Malick SY, porte-parole de l’actuel Khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye SY Mansour, le Procureur Ousmane Diagne, Mbaye Diouf Dia, le président de Mbour Petite côte (MPC). Puis, tous les jours, elle livre les journaux à ses abonnés comme l’Ambassade du Congo au Sénégal. Après l’avoir aperçu, Moustapha Niasse, l’actuel président de l’Assemblée nationale, l’avait reçue chez lui, en 2006.

Un commerce qui lui a permis de financer (avec l’aide d’un de ses fidèles clients) la formation de son unique fils âgé aujourd’hui de 30 ans, en maintenance réseau. La dame ne se plaint pas. « Je parviens à subvenir à mes besoins sans tendre la main à quiconque. Je m’occupe de mon enfant », confie-t-elle, soulagée.

Pourcentage en poche, elle rentre chez elle à 13 heures passées après avoir reversé le produit de la vente à son patron surnommé ’’Ndiol SY’’. A 20 h 30, elle est déjà au lit pour récupérer des forces pour la prochaine journée.

Son plus grand rêve

Toutefois, la passion s’estompe du fait de la rude concurrence de la presse en ligne. Ce qui fait qu’elle songe à abandonner le métier. Car, explique-t-elle, « les journaux se vendent beaucoup moins. Cela ne marche plus aussi bien qu’avant. Heureusement, qu’il y a les abonnements ». Aujourd’hui, son souhait le plus cher est d’ouvrir un restaurant. Elle économise pour la concrétisation de ce rêve. Dans la mesure où avant de devenir vendeuse de journaux, elle était employée dans un restaurant à Thiaroye, qu’elle a dû quitter parce que les affaires ne marchaient pas, faute de clients. Son célibat ne la préoccupe pas parce que dit-elle : « Les hommes ne sont pas sérieux. »

Bientôt la retraite

Avant de quitter le milieu, il s’agira, pour elle, de convaincre ses fidèles clients qui l’ont toujours encouragée et dissuadée d’abandonner. Comme cet homme, beaucoup moins célèbre que les autres acheteurs, qui tente de la convaincre de tenir bon. Dieynaba Gueye étant occupée par les livraisons à ses abonnés, l’homme, en ensemble costume noir, chemise rouge et cravate claire, s’est rapproché, à contre cœur, de Mamadou Sow, collègue de Dieynaba positionné à côté.

Pourquoi Dieynaba ? « Parce que Dieynaba est un exemple pour les autres femmes. Elle fait partie des gens qui ne se contentent pas de tendre la main. Indépendamment de cela aussi, c’est une manière de prouver qu’il n’y a pas de sot métier. La femme peut tout faire sauf perdre sa dignité dans certain cas. Je passe toujours par là en me rendant au bureau. Je prends souvent mon journal avec elle (Dieynaba), cela fait maintenant plus d’un an », répond-il.

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