DIOR FALL SOW DEMANDE À INCLURE DANS LA LOI " LE VIOL CONTRE LES HOMMES "

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JURY DU DIMANCHE

Soulevée par son indignation, Dior Fall Sow a participé, le 26 mai dernier, au sit in du collectif contre les violences faites aux femmes pour dire ’’Defa doy’’ (plus jamais ça), suite à la série de meurtres de jeunes femmes dont Bineta Camara. « J’ai été comme tout le monde bouleversée et beaucoup plus parce que je suis une femme, une mère, et franchement, je pense qu’il n’est que temps de mettre fin à ça » face à « la recrudescence extraordinaire » des violences basées sur le genre. « C’est inadmissible », s’insurge la première femme procureure de la République au Sénégal, s’offusquant que « les femmes (aient) toujours été les cibles à cause du statut qu’elles ont dans la société ». Pis, dénonce-t-elle : « On a encore tendance à considérer la femme dans une situation d’infériorité où le mari a le droit de la bastonner, le grand-frère de la corriger. Tout ça, c’est des choses qu’il faut revoir. »

A l’en croire, le débat sur la criminalisation du viol s’est posé « parce qu’il y a eu un ras-le-bol général ». Sur la question, elle se réjouit que la mobilisation des femmes ait « porté ses fruits » et que « le président de la République (ait) décidé aussitôt de criminaliser le viol ». Mieux, relève l’ancienne magistrate, qui annonce sa participation à la rédaction de la proposition de loi, « en même temps, il a mis la pédophilie. Il faudrait quand même battre le fer quand il est chaud » en essayant « de voir ce qu’on va mettre à l’intérieur pour essayer d’avoir une loi qui réprime les différentes formes de violences qui sont faites aux femmes » et « les hommes qui sont violés aussi. Peut-être que la proportion n’est pas aussi importante mais il y en a, et les conséquences fâcheuses, sont aussi les mêmes que celles qu’endurent les femmes. »

Mais, « le problème fondamental », c’est que « les textes ne sont pas appliqués », déplore Dior Fall Sow. Qui rappelle que la loi de 1999 qui a modifié celle de 1965, qui réprimait le viol, a « augmenté les circonstances aggravantes », avec des « peines allant de cinq (5) à dix (10) », la peine « maximale de dix (10) ans ferme lorsqu’il s’agit d’un enfant de moins de treize (13) ans et d’une personne en état de grossesse ou en souffrant d’un handicap ». Mais, fulmine-t-elle : « On a vu des décisions de justice condamner même pour des viols avec circonstance aggravante, à des peines de deux (2) ans, quelques fois même avec sursis ».

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