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DJILAKH SOUTIENT BABACAR NGOM

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Le conflit entre les populations de Ndengler et le promoteur Babacar Ngom refait surface. Cette fois, ce sont les populations de Djilakh qui montent au créneau pour apporter leur soutien au patron de la Sedima.

Depuis trois ans, les populations de Ndengler ne cessent de dénoncer « l’accaparement de leurs terres » par le promoteur Babacar Ngom. Plusieurs médiations menées n’ont pu aboutir à un terrain d’entente. Mais Babacar Ngom peut se contenter du soutien des populations de Djilakh qui se sont mobilisées pour en découdre avec leurs « frères ennemis » de Ndengler. « Ces terres appartiennent à Djilakh, pas à Ndengler. Djilakh fait quatre fois Ndengler. Nous sommes tous des parents. Le problème, c’est qu’il y a un homme qui veut nous diviser en prétendant soutenir Ndengler alors qu’il ne pense qu’à ses propres intérêts. L’autorité administrative elle-même sait que ces terres sont celles de Djilakh. Nous sommes décidés à les défendre, quitte à y laisser nos vies », prévient Djibril Diouf au cours d’un point de presse.

Le chef de village, Malick Ndiaye, embouche la même trompette : « Ndengler nous accuse d’avoir cédé ses terres à Babacar Ngom. En tant que chef de ce village, je ne saurais accepter de telles accusations. Ces terres sont celles de Djilakh. C’est avec notre accord que le promoteur les a acquises par délibération du Conseil rural de Sindia en 2012. Et quand la Sedima, en 2013, a aménagé l’espace, nos voisins de Ndengler, sans autorisation de la Sedima, sont venus y cultiver. » Malick Ndiaye d’ajouter : « C’est Babacar Ngom qui a fait preuve de tolérance et a décidé de les laisser continuer leurs activités. Et en 2019, ils sont sortis pour réclamer ces terres qui ne leur appartient pas. »

C’est en 2015 que le patron de la Sedima a obtenu par décret présidentiel 205-548 du 23 avril 2015 un titre foncier sur 300 ha désaffectées à Djilakh. Ce décret fait suite à la délibération du Conseil rural de Sindia du 4 décembre 2012 lui octroyant ces terres avec l’accord préalable des populations de Djilakh. Seulement, en 2019, quand Babacar Ngom a voulu commencer à réaliser son projet d’agrobusiness, les populations de Ndengler sont sortis pour s’y opposer. « Il cherche des terres pour nourrir de la volaille, nous on cultive pour nourrir des humains », s’était écrié Gora Dione, un habitant de Ndengler.

Aboubakry KANE

28 décembre 2022


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