DOING BUSINESS : « IL FAUT SE MÉFIER DE CES INDICES »

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LR DU TEMPS

Le Sénégal est passé à la 23ème place sur 190 dans le classement 2019 du Doing Business. Il aurait gagné 18 places. Seulement, beaucoup de spécialistes pensent que ces résultats ne reflètent pas le vécu quotidien des Sénégalais. S’il en est ainsi, estime Pr Moustapha Kasse, c’est parce que la Banque Mondiale utilise des critères qui s’éloignent de la réalité. « Il faut se méfier de ces indices synthétiques qui en réalité ne représentent pas grande chose. Il y a beaucoup de facteurs qui interviennent dans ces indices. Ce qui fait qu’en définitive, on ne sait pas quelles sont leurs significations réelles ».

Invité de l’émission Lr du Temps, ce dimanche 27 octobre 2019, Pr Kasse estime que la manière de définir les critères de classement du Doing Business est insatisfaisante. « Ces indices ne devraient pas nous empêcher de voir la réalité. S’ils veulent prouver que les affaires marchent bien, il y a des indicateurs plus simples qui peuvent le montrer. Quels sont par exemple les retours en investissement ? Est-ce que quelqu’un qui a investi au Sénégal est en mesure de reprendre sa mise ? Quel est le degré de confiance des investisseurs ? Ce sont des indices de cette nature qui sont beaucoup plus convainquant », a estimé le Professeur émérite et Doyen honoraire.

Une coupe du monde des réformateurs

Son co debatteur partage quelque peu son avis. Directeur des Études du Centre de formation et de développement pour l’économie et social (Cfdes), Pr Thierno Thioune pense que le Doing Business est une sorte de coupe du monde des pays réformateurs. En ce sens, il a salué les mesures prises par l’Etat du Sénégal allant dans le sens de la réglementation de l’environnement des Affaires. Mais, cela ne suffit pas. « Le Sénégal se targue d’avoir mis des bonds en avant dans certains domaines notamment la facilitation à l’accès au crédit. Mais, cela ne suffit pas. Il y a des éléments plus beaucoup plus importants. C’est-à-dire, comment élargir l’assiette de fiscalité de sorte à aider les entreprises à se formaliser », a-t-il déclaré.

Pour M. Thioune, « le Doing Business intègre douze (12) domaines en prenant dix (10) indicateurs. Mais, ces indices n’ont pas permis de voir comment toutes ces créations de richesses avec une facilitation des entreprises a permis de réduire les inégalités qui se creusent », a-t-il constaté.

Selon lui, « C’est bon d’avoir des résultats en gagnant dix huit (18) places. Mais, il faudrait aussi regarder de l’autre côté. C’est-à-dire voir si ces mesures synthétiques ont permis de réduire la pauvreté », estime M. Thioune.

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