[VIDÉO]-DOMINIQUE PLIHON : « IL FAUT SE DOTER DE POLITIQUES BUDGETAIRES, FISCALES ET INDUSTRIELLES AVANT L’ECO »

news-details
LR DU TEMPS

« Il faut que les pays coopèrent, se dotent d’Institutions et de politiques communes préalablement à la mise en place d’une nouvelle monnaie commune ». La précision est faite par Dominique Plihon, économiste, spécialiste de la Finance, et de la nouvelle économie, abordant le remplacement du F CFA par l’ECO, fixé en 2020.

Invité spécial de LR du Temps, émission d’Alassane Samba Diop, sur iRadio et Itv, ce dimanche, 1er décembre, le spécialiste détaille ainsi les préalables qu’il faut remplir : « C’est notamment de s’assurer qu’il y ait un minimum de convergence entre ces pays dans un ensemble de critères. Dans l’Euro, ces critères ont porté sur l’inflation, les taux d’intérêt, les rythmes de productivité, pour avoir un niveau d’efficacité économique comparable. Pour cela, il ne faut pas se doter uniquement d’Institutions monétaires communes comme ici la BCEAO, ou une autre banque centrale (pour l’ECO), il faut aussi des politiques budgétaires, fiscales, et industrielles communes. Ce que nous n’avons pas en Europe (avec l’EURO), ce qu’il faudrait que nous ayons, et ce qu’il faudrait mettre comme préalable ici (CEDEAO). »

L’exemple de la Côte d’Ivoire

Pourquoi ? « Parce qu’une politique industrielle commune peut aider des pays un peu en retard en termes de productivité, d’industrialisation, de rattraper et de se mettre à un niveau suffisant pour ne pas être en difficulté face à des pays qui ont un niveau de développement ou industriel plus avancé comme la Côte d’Ivoire ».

Poursuivant, l’ex-membre du Conseil d’analyse économiste, rattaché au Premier ministre français (Jean-Pierre Raffarin) de 2001 à 2004 explique que « le cas de la Côte d’Ivoire est intéressant. (Dans la mesure où) le pays qui, au départ, exportait du cacao brut, s’est mis à transformer le cacao pour avoir de la valeur ajoutée pour être capable, ensuite, de gagner des marges importantes. Il faut que d’autres pays de la zone, selon leur spécialisation agricole, en matières premières ou industrielles, montent en régime. Et ça, des politiques industrielles communes peuvent vous permettre d’y arriver. »

Au modèle ivoirien (CEDEAO), il oppose celui de la Grèce, dans l’EURO : « La Grèce est un pays agricole, qui produit de l’huile d’olive. Mais, il faut savoir que les olives sont cueillies en Grèce, puis sont envoyées en Italie pour être transformées en huile d’olive. C’est-à-dire que la Grèce n’exporte pas vraiment elle-même l’huile d’olive, qui est en grande partie produite à l’extérieur. Donc, ce serait pareil pour d’autres pays ici qui feraient la production agricole. Il faudrait qu’ils aient une agriculture plus industrialisée. »

« L’inclusion africaine »

En outre, favorable à la déconnexion du F CFA de l’EURO, Dominique Plihon tranche, selon les conclusions du séminaire organisé par l’Institut supérieur de finance de Dakar, que « c’est aux Africains de prendre en main eux-mêmes leurs recherches notamment dans les Sciences sociales, développer les programmes de recherches qui correspondent vraiment à leurs besoins, à leurs attitudes, à leurs priorités. » A ce propos, « la question de l’inclusivité (lui) parait tout à fait essentiel ».

Un développement plus autocentré

« C’est pour cela, il faut faire attention à ne pas trop s’ouvrir à la mondialisation. Parce que, c’est un obstacle au développement de certains pays. (D’ailleurs) les Chinois commencent à se dire qu’il faut qu’ils aient un développement plus autocentré. Cela veut dire qu’on peut s’ouvrir mais d’abord à ses voisins », conclut le membre du Conseil scientifique d’Attac, et économiste atterré, très critique à l’égard des accords de libre échange.

Cette coopération devra également intéresser les défis sécuritaires. « L’union fait la force », dit-on.

Vous pouvez réagir à cet article