Décès de Med Hondo, star du doublage et voix française d’Eddie Murphy

news-details
CINEMA

Le comédien français, doubleur de l’acteur du Flic de Beverly Hills, est décédé à Paris à 82 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Il était également metteur en scène et avait réalisé plusieurs films anticolonialistes, animés par un esprit de rébellion.

L’âne de Shrek, Rafiki dans Le Roi lion, le Dr John Dolittle... Il était l’une des voix les plus connues du doublage français. Le comédien et réalisateur français d’origine mauritanienne Med Hondo, connu notamment comme « la voix française d’Eddie Murphy », est mort samedi à 82 ans à Paris, a annoncé sa famille à l’AFP. Son décès survient alors que vient tout juste de se terminer le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), qui l’avait récompensé en 1987.

Né Mohamed Abib Hondo en 1936 en Mauritanie, Med Hondo est connu dans le monde du doublage et auprès du grand public comme la voix française d’acteurs afro-américains comme Eddie Murphy, Morgan Freeman, Richard Pryor. « Quand on double il faut regarder l’acteur dans les yeux », disait-il de sa voix douce masquant un physique à la Orson Welles. Il estimait que le doublage « est un métier d’acteur ».

Anticolonialisme

Arrivé en France à la fin des années 1950, Med Hondo a exercé de nombreux métiers (docker, cuisinier) avant de se lancer dans le cinéma avec, comme credo, l’anticolonialisme et le gout de la rébellion. Son premier film Soleil Ô, sorti en 1969, est « une attaque cinglante contre le colonialisme », selon le Festival de Cannes qui l’a présenté il y a deux ans dans sa section réservée aux reprises de classiques. Le film a bénéficié d’un programme de restauration via la World Film Foundation de Martin Scorsese, afin de défendre le cinéma africain.

Viendront ensuite Les Bicots-nègres, vos voisins (1973), West Indies ou les nègres marrons de la liberté (1979), une comédie musicale sur le traite des esclaves, et Sarraounia, évocation de la reine du même nom, qui sera récompensé au Fespaco en 1987. Son dernier film Fatima, l’Algérienne de Dakar remonte au début des années 2000. Il travaillait depuis des années à un projet de film sur Toussaint Louverture, grande figure de la révolution haïtienne, a souligné à l’AFP le journaliste Amobé Mévégué qui était un de ses proches. Ce projet était encore à un stade très préliminaire.

Med Hondo devrait être enterré au Maroc, a indiqué sa soeur Zahra à l’AFP.

Vous pouvez réagir à cet article