Dr ALOYSE DIOUF REVIENT SUR SON DÉPART : "S’IL S’AGISSAIT D’ABANDONNER LA BARQUE..."

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SANTÉ

L’information est tombée ce vendredi comme une déflagration. L’un des visages marquants depuis l’apparition de la Covid-19 va s’éclipser en quittant la scène du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Dr Aloyse Waly a rendu... la blouse dudit département pour en enfiler une autre, celle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dont il dirigera le bureau de Dakar.

Un départ annoncé de façon laconique à travers un post sur Facebook balancé dans la foulée de sa dernière présentation de la situation du jour de l’évolution de la pandémie au Sénégal, exercice quasi mécanique auquel il avait fini par imposer son flegme au public. A ceux qui l’accusent d’abandonner une barque en pleine tempête, il répond par le pragmatisme du haut fonctionnaire. Joint au téléphone par Emedia.sn, le désormais ex-monsieur numéro 2 du ministère de la Santé précise qu’il n’a aucun regret et contrairement à ce que le scénario a pu faire croire, il devait partir depuis plusieurs mois déjà, mais avait souhaité prolonger le bail histoire de prendre part activement à la bataille.

« Je prends les choses avec beaucoup de philosophie. S’il fallait abandonner la barque en pleine tempête, je l’aurai fait au mois de mars. Mais, j’ai personnellement demandé à l’OMS de me permettre de travailler aux côtés de mon ministre sur la gestion de la pandémie, et faire en sorte que le Sénégal puisse la contrôler. Donc, vous imaginez que depuis le mois d’avril, je suis aux côtés du ministre. Je me bats aux côtés du ministre avec tout l’engagement nécessaire. Donc, je ne comprends pas qu’on puisse parler d’abandonner la barque. D’autant plus que je vais vers une autre Institution qui continue à servir le Sénégal », réagit-il.

Les conditions de son départ

"Ce qu’il faut dire, c’est que c’est le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, qui, aujourd’hui, m’a demandé de rejoindre mon poste. Parce que c’est un poste que je devais rejoindre depuis le mois de mars. Mais compte tenu de la pandémie de la Covid-19, j’avais demandé à ce qu’on puisse suspendre ma prise de service. Aujourd’hui que les délais sont arrivés à terme, le ministre de la Santé m’a demandé de rejoindre le poste. Et cela, je crois que c’est une grande marque de générosité. Alors, il ne s’agit ni d’un limogeage ni d’une démission mais tout simplement d’un accompagnement du ministère de la Santé vers un nouveau challenge."

« Je pourrais continuer à travailler dans une autre atmosphère. Je vais essayer de mettre en œuvre un plan de travail qui va certainement m’être précisée. Mais je crois ce qu’il y a de l’importance, c’est que je reste dans le secteur de la Santé, et particulièrement de la Santé au Sénégal mais à partir d’une autre station. Donc "pas de regrets », signale-t-il, soulignant avoir "simplement un pincement de cœur", en quittant le ministère de la Santé du fait de "la forte collaboration que j’ai eue avec le ministre". Mais, persiste-t-il, "c’est véritablement aussi une marque de générosité du ministre de la Santé que je salue. Puisque dans des moments comme ça, demander à son collaborateur d’aller rejoindre son poste, je crois qu’on ne peut pas avoir mieux comme ministre", témoigne-t-il à l’endroit de son désormais ex patron, Abdoulaye Diouf Sarr, qu’il surnomme "Le Général".

« Je pars dans l’espoir que le Sénégal sorte victorieux de la Covid-19"
Partant avec le sentiment du devoir accompli, il nourrit, toutefois, l’espoir "que le Sénégal puisse, dans son combat contre la Covid-19, s’en sortir victorieux. Nous nous sommes battus pour ça, et nous continuerons à nous battre pour ça afin que dans le secteur de la Santé aussi le Sénégal puisse en sortir grandi ».

Sa mission au bureau de Dakar de l’OMS

Interpellé sur le temps qu’il devrait passer à l’OMS, Dr Aloyse Waly Diouf indique que c’est "quelque chose qui commence." Ainsi, il va, d’abord, prendre "le temps déjà de répondre à l’organisation" avant, ensuite de voir la conduite à tenir. Puis, il rejette en bloc tout soupçon de brouille avec la tutelle : « C’est une candidature soutenue par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, qui a été retenue. Donc, une fois que la candidature a été retenue, la période ne semblait pas favorable. Raison pour laquelle nous avions demandé à ce que cette prise de service au niveau de l’Institution puisse être déférée. C’est maintenant qu’il faut rejoindre ».

Copté par Awa Marie Coll Seck, l’ex-Directeur du Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (SNEIPS) a été nommé Conseiller technique n°1 du ministre Abdoulaye Diouf Sarr, en septembre 2017. Spécialisé en Santé publique, cet ancien enfant de troupe, sorti du prestigieux Prytanée militaire Charles N’Tchororé de Saint-Louis cumule une expérience de plus de quinze ans dans la pratique de la Médecine suivie de près de dix ans dans les instances de décision du ministère de tutelle.

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