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E-MAM !

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Imam Biram Pouye, 40 ans, c’est un chapelet de connaissances. Ingénieur informaticien, directeur artistique à iTv, administrateur du site Emedia.sn depuis 2018, formateur en mathématiques, coach développeur concepteur de site Web… Ouf ! C’est un e-mam aussi. A la découverte de celui qui va animer la chronique Tafsir 2.0 dans Bes Bi le jour et Emedia.sn tout au long du mois béni de ramadan.

Teint clair, la quarantaine, barbe bien fournie et bien entretenue, Biram Pouye est un imam 2.0. Cette ultra-modernité, il l’a imprimée à son émission religieuse, « Tafsir 2.0 », qui passe tous les vendredis sur iTv et iRadio. C’est que cette icône excelle dans les nouvelles technologies. Ingénieur informaticien, directeur artistique à iTv. Il maîtrise la machine comme il récite le Coran. Il est également conseiller en communication, formateur en mathématiques, coach développeur concepteur de site Web. Il est aussi l’âme d’Emedia.sn. A la présentation de la nouvelle version du site en fin novembre dernier au Radisson Blu, les invités étaient surpris de voir cet homme sur le podium, promenant le curseur partout, avec aisance. Il en est l’administrateur. A iTv, Biram Pouye, s’occupe de graphisme, de tout ce qui est jingle, générique, habillage, etc. Bref, c’est un chapelet de connaissances.

Après avoir décroché son Bac scientifique en 2000, au lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis, il s’inscrit à l’Université Gaston Berger de St-Louis où il obtient un master 2. « Après le Bfem, j’ai eu la chance, d’être parmi les meilleurs élèves. Après, j’ai fait les séries scientifiques et j’ai eu mon Bac, avec la mention. C’est ainsi que j’ai été orienté à l’Ugb qui faisait partie des universités d’excellence. Je fais partie de la première promotion à intégrer les mathématiques appliquées et sciences sociales (Mass) », indique imam Pouye.

Ndar Ndar d’origine et fier de l’être, il s’installe pour la première fois dans la capitale, en raison d’un stage obtenu dans une entreprise de la place comme développeur Web. C’était en 2005. Tour à tour, il commence à émarger dans différentes structures. Après un passage à Apa News de 2006 à 2014 comme analyste informaticien, il devient directeur technique adjoint avant de quitter, car ne pouvant plus avancer. Il a également fait 2 ans à Ccbm de Serigne Mboup comme directeur de Ccbm Online avant d’intégrer Senico où il a été directeur de la communication. De par son sens aigu de la perfection, imam Biram Pouye est respecté par ses pairs et adulé par ses collègues de Emedia invest, où il est d’ailleurs très attendu par ses téléspectateurs du mythique émission « Tafsir du vendredi ». Une émission qu’il coprésente avec le célèbre Oustaz Taïb Socé.

Polyglotte, polyvalent
Très indépendant et polyvalent, Biram est polyglotte, il parle wolof, français, anglais et, naturellement, arabe. Mais c’est aussi quelqu’un qui a eu la chance de voyager dans beaucoup de pays à travers le monde. A African Payement Gateway (Apg) où il est développeur logiciel et designer tous les lundis et mardis, imam Pouye a fait pas mal d’innovations, côté paiement électronique, banque digitale… Selon lui, « actuellement, ce sont les tendances du moment, tout est digital, surtout sur la monétique, le paiement en ligne, le transfert d’argent et d’autres innovations bancaires ».

Sérieux et très organisé, il a une méthode de travail qui lui est bien propre. « Dans la vie, pour avancer, il faut être très bien organisé. Souvent on pensait qu’on ne pouvait pas cumuler deux boulots, mais si vous commencez à voyager à l’extérieur étant étudiant, vous pouvez facilement avoir trois boulots pour pouvoir subvenir à vos besoins. Ce réflexe-là, d’être polyvalent je l’ai acquis très tôt depuis que j’étais étudiant », a-t-il confié. Jaloux de son indépendance, il n’a jamais voulu être sous contrat pour travailler. « Très tôt, j’avais déjà cette idée que je ne pourrai pas rester comme employé dans une seule société », dixit imam Pouye.

Issu d’une famille modeste dont le père était mécanicien et une mère au foyer, Biram Pouye a très tôt eu le goût de la réussite. A l’en croire, « pour réussir, il y a toujours un cheminement, il y a toujours des gens qui se sont sacrifiés pour que d’autres puissent réussir ». Père de famille affectif, il trouve la joie à travers ses enfants. Ce qui fait que ce quadragénaire ne peut pas rester quelque part après le boulot. « Tous les jours, après le boulot, je suis chez-moi et l’environnent où je me sens le mieux et en sécurité, c’est chez-moi », a-t-il insisté. Il a donc réussi un savant dosage entre vie professionnelle et vie familiale. Il fait de la patience, l’une de ses armes, car, estime-t-il, « c’est en apprenant patiemment et en endurant que l’on acquiert la connaissance ».

Taïb Socé, son inspirateur
Ceux qui le connaissent disent beaucoup de bien de lui et l’encouragent à s’enraciner dans l’équilibre. « C’est une source de motivation pour nous. Permettez-moi de ne pas lister, mais je connais beaucoup de bien d’imam Biram Pouye, c’est une personne de bien », témoigne son collègue Baba Ndiaye d’iTv. Boubacar Diallo dit Boubs d’ajouter : « Il est bien imam Biram Pouye. Il est excellent dans le travail car il maîtrise son sujet et ne déborde pas. Il ne cherche pas à faire le buzz ni le show. Il est là pour dire ce que dit la religion. Il était venu pour nous installer le site, mais comme il maîtrisait beaucoup la religion, ils nous a proposé plusieurs autres rubriques ».

Taïb Socé avec qui il travaille en duo dans l’émission « Tafsir 2.0 », lui aussi, s’y met : « Notre connaissance ne date pas de longtemps, mais il me suivait depuis qu’il était étudiant, il m’a même confié qu’il imitait ma voix lors de ses prêches. C’est un homme bien, un homme pur. Un talibé qui aime la religion. C’est un grand intellectuel en perpétuel quête de savoir, il aime faire des recherches et nous avons une parfaite entente ». Mbaye Seck Diop, époux de la sœur de l’épouse de Imam Pouye, relève pour sa part que l’animateur religieux amène avec lui « une certaine aisance en termes de communication et une humeur qui va nous permettre de travailler en toute efficacité ». Son atout dit-il, c’est sa façon de pouvoir allier le spirituel et le temporel.

« Iftar », le grand art
Présentateur télé par la force des choses, il a débuté avec le grand Talk-Show du ramadan d’iTv « Iftar », qu’il anime avec l’inégalable Dj Boubs. « Ce qui a été déterminant dans Iftar, c’est qu’il maîtrise la religion et moi je maîtrise le show », admet Boubs. Du mixte offert aux téléspectateurs avec de l’art. Biram Pouye conseille aux jeunes d’avoir « le temps d’apprendre, de faire des erreurs, d’avancer, pour, demain, faire un boulot acceptable ».

Trouvant la quiétude dans la foi en Dieu, écouter le coran, pratiquer le sport, sont ces principales occupations à ces heures perdues. « On pense souvent que l’islam n’a pas de loisirs, mais le loisir, c’est d’abord le Coran. J’aime bien voyager car lire, c’est voyager, mais voyager, c’est aussi apprendre et cela te permet aussi de te comparer aux autres et d’être inspiré », dit-il. Sportif, il a eu à pratiquer le Kung fu et le basket. Même s’il est resté deux ans sans faire du sport, maintenant il ne peut pas s’empêcher de faire ses 4 à 5 km de course, chaque jour.

La disparition de son père l’a marqué et reste pour lui le plus gros chagrin. Mais Imam a transformé cette douleur et cette peine en une force qui lui permet d’avancer. Très attaché à sa mère Aminata Bathily, une femme très digne qui est toujours là et qui les assiste, l’ingénieur informaticien le matin, présentateur à Itv dans la journée, et le soir, remet ses habits d’imam pour diriger la prière à la mosquée de Zac Mbao. Et quand il rentre à la maison, imam Biram Pouye, redevient le mari aimant et le papa-gâteau, en bon père de famille modèle. Malgré un régime alimentaire strict, il résiste rarement au mafé et au yassa qu’il aime plus que tout. Sa couleur préférée est le bleu qui fut la couleur de prédilection du saint Prophète (Psl).

Ndèye Anna NDIAYE

2 avril 2022


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