ÉLARGISSEMENT DU COS-PÉTROGAZ : IL FAUT S’ATTENDRE À DES MALENTENDUS, SELON DEMBA SEYDI

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SOCIÉTÉ CIVILE ET OPPOSITION

En conseil des ministres le mercredi 2 septembre 2020, le président de la République, Macky Sall a donné des instructions pour l’élargissement de l’organe de coordination et de pilotage stratégique du secteur pétrolier et gazier, Cos PétroGaz, à la Société civile et à l’Opposition sénégalaise. Également, il a instruit au ministre des Finances et du Budget, en relation avec le ministre du Pétrole, de finaliser les textes légaux et règlementaires relatifs à la répartition des revenus issus de l’exploitation des ressources.

Joint au téléphone et interrogé sur ce sujet, Demba Seydi, coordonnateur régional Afrique de l’Ouest Francophone de l’ONG « Publiez ce que vous payez », indique que cette décision de vouloir élargir Cos-Petrogaz à la société civile et à l’opposition est une demande expresse des acteurs de la société civile. Lesquels considéraient que, sur des questions de gouvernance et de transparence, il faudrait qu’ils aient leur mot à dire. Et, si le président va dans le sens de concrétiser cela, c’est une mesure qu’il faut saluer.

Car, dit-il : « Cos-Petrogaz est un organe de contrôle et, dans l’opposition, on peut trouver des personnes qui pourraient apporter leur expérience positive à partager au niveau de cet organe. Je trouve que c’est un esprit d’ouverture qui pourrait contribuer à apporter les éléments nécessaires au président de la République afin qu’il prenne des décisions ».

Cependant, Demba Seydi prévient que cet élargissement peut engendrer des problèmes si l’on sait que l’opposition et la société n’ont pas les mêmes préoccupations que le Gouvernement. « Est-ce que tous les conseils qui sortent de cette instance seront appliqués par le Gouvernement », s’interroge-t-il avant de présager d’éventuels conflits. « Il peut arriver que les membres de la société civile ou de l’opposition veillent proposer que désormais l’adoption des contrats passe par l’Assemblée nationale. Cela peu être un écueil que le président de la République ne veuille pas accepter », a expliqué Demba Seydi.

Etayant ses propos, il a cité la commission la commission nationale révision de la loi foncière que feu Moustapha Sourang dirigeait. A un moment, dit-il, le Président de la république pensait que ceux qui étaient dans cette commission outrepassaient leurs prérogatives. « On peut s’attendre au même risque. C’est une décision salutaire qui a des limites. Il faut s’attendre à des incompréhensions, des malentendues et à l’éclatement de Cos-Petrogaz », avertit-t-il.

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