"EMPLOI DES JEUNES : OÙ VA-T-IL TROUVER LES MARGES DE MANŒUVRE ?"

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Discours à la Nation

Le Président de la République aurait évoqué la création de 75.000 emplois directs NON QUALIFIÉS. Si le secteur public ne prend pas le lead, en faisant du purement Keynésien, on ne s’en sortira pas. Seulement, je ne le trouve pas sincère.

Où va-t-il trouver les marges de manœuvre lorsqu’on sait que nos finances publiques doivent revenir à une fallacieuse orthodoxie budgétaire, le déficit devant s’établir à 3% du PIB en 2023, au plus tard ?

Notre taux d’endettement lui même tutoie le plafond communautaire de 70% du PIB.
Aussi, ne pourrait-il compter sur des recettes additionnelles issues de l’activité économique puisque la Covid 19 a mis des franges entières de notre tissu économique en veilleuse ?

Je note deux choses néanmoins :

1) On parle de moins en moins d’employabilité (concept dans lequel on se cache souvent pour ne pas octroyer des emplois aux nombreux jeunes sur le marché du travail).

2) La sphère publique doit effectivement prendre le lead lorsqu’il s’agit de tirer la consommation intérieure.

Dire qu’un Etat n’a pas vocation à créer des emplois, c’est occulter l’histoire économique du monde.

Je reste persuadé qu’au plan structurel, la question de l’emploi ne se règlera qu’en posant au préalable la question de la souveraineté qui permet effectivement de déplacer le curseur des contraintes du secteur financier au secteur des ressources réelles.

Un Etat souverain dans sa monnaie n’ y a jamais de contraintes. Son seul marqueur étant l’inflation et la disponibilité des ressources locales (terres, main d’oeuvre, matières premières...).

Encore du chemin à parcourir.

Cheikh Fatma Diop

Analyste économique- Financier

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