« EN AFRIQUE DU SUD, LA VIOLENCE PHYSIQUE EST DANS LES GÊNES »

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LR DU TEMPS

« C’est un problème de banditisme d’une certaine communauté noire contre d’autres noirs, plutôt de criminalité que de xénophobie ». La précision est faite par Cheikh Tidiane Sow, coach en leadership et analyste politique, qui y a vécu pendant au moins 16 années en Afrique du Sud. Invité, ce dimanche, 8 septembre, de ’’Lr du temps’’, émission d’Alassane Samba Diop sur iRadio et Itv, il décrit une véritable « poudrière » ayant comme soubassement le taux de chômage de 29%.


« 2 meurtres par heure »

« L’Afrique du Sud est un pays un peu particulier, explique-t-il. C’est-à-dire que selon que vous soyez un étranger qui travaille vous habitez dans les banlieues chics, vous n’êtes pas en contact direct avec ce genre de choses. Il faut savoir que cela se passe plutôt au centre de la ville. (En Afrique du Sud, les riches habitent dans les banlieues, et les pauvres en centre-ville). C’est-à-dire qu’à la fin de l’apartheid, tous les blancs, qui habitaient au centre-ville sont partis et cela a été un no man’s land. C’est la seule ville sur le continent où vers 19 heures, les rues sont vides, vous ne voyez personne. Il faut savoir que c’est, d’abord, un problème de leadership. »


« Une société vraiment violente »

Il en veut pour preuve, « entre mars 2018 et mars 2019, la criminalité, c’est 57 meurtres par jour. C’est-à-dire que dès qu’on aura fini l’émission (de 50 minutes), 2 personnes seront tuées en Afrique du Sud pour donner une idée de la criminalité qu’il y a là-bas. Cela se passe dans les bidonvilles, dans le centre de la ville. Et ce qu’il y a aussi, c’est que le parti de l’ANC aujourd’hui, qui comptait beaucoup sur la masse noire, est concurrencé aujourd’hui aux élections par l’Alliance démocratique, qui est devenue un parti un peu plus noir, et par aussi Julius Malema, qui chasse sur leurs terres. Ils sont obligés de laisser faire. Ce qui expliquerait d’ailleurs la réaction un peu tardive de Cyril Ramaphosa. Donc, c’est une poudrière. Ça a commencé par des routiers qui ont incendié des camionneurs tanzaniens, éthiopiens et d’autres nationalités. Suite à ces événements, des bandits en ont profité pour mener des exactions surtout pour s’approprier des biens des pauvres personnes qui habitent au centre-ville. La violence physique est malheureusement dans les gènes. »

« Dans sa tombe, Mandela se retourne ou quelque part dans un coin bleu du ciel, il est en train de pleurer », acquiesce son co-débatteur, Vieux Savané, journaliste et éditorialiste à Sud Quotidien. Qui appelle l’Union africaine (UA) à se saisir de la question.
En outre, l’éducation est proposée comme solution de sortie de crise.

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