EN GAMBIE, LES JOURNALISTES PLUS LIBRES, MALGRÉ QUELQUES CONTRAINTES

news-details
JOURNÉE MONDIALE DE LA PRESSE

BANJUL - S’exiler pour garder sa liberté de ton tout en sauvant sa peau ou rester et risquer sa vie. Tel fut le dilemme qui s’offrait aux journalistes en Gambie. Aujourd’hui, la situation est tout autre. Plus de trois ans après l’alternance politique, les journalistes gambiens travaillent dans une relative tranquillité en dépit de quelques contraintes. Dans un contexte de crise sanitaire mondial, les journalistes ne se sont pas rassemblés comme il est de coutume ces dernières années. Mais un hashtag a été lancé par le syndicat des journalistes gambien pour recueillir le témoignage des uns et des autres.

Depuis 2017 avec la chute de Jammeh, aucun journaliste n’a été poursuivi en Gambie. Un état de fait remarqué et salué par RSF qui a placé le pays 87e en 2019 alors qu’il était toujours en bas du tableau sous le précèdent régime. Modou Diouf, formateur en journalisme reconnait une certaine amélioration de l’environnement de travail des journalistes.

« Il y a quelques années, les journalistes faisaient l’objet de toutes sortes de persécution, rappelle-t-il. Soit on les embastillait ou on fermait leurs organes. Ceux qui n’ont pas fui ont perdu la vie. A voir cet aspect, on dirait que les choses se sont vachement améliorées pour les journalistes ». Néanmoins c’est un verre à moitié rempli, nuance ce correspondant d’un media étranger dans le pays. Plus de trois ans après la fin de la dictature, les lois liberticides n’ont toujours pas été abrogées, au grand dam des professionnels des médias.

« Les lois draconiennes instaurées sous Jammeh ne sont pas toujours abrogées, regrette-t-il même si elles ne sont plus appliquées. Ces lois criminalisent la diffamation et la diffusion de fausses nouvelles. Le nouveau régime a beau promettre de les abroger on attend toujours. Il s’agit là d’un moyen d’intimider la presse », s’inquiète le formateur.

Diouf de rappeler quelques atteintes à la liberté de la presse recensées ces derniers mois en Gambie. Lors des manifestations anti présidentielles de décembre dernier deux stations radio ont été fermées pendant plus d’un mois, des journalistes détenus pour incitation à la violence. A défaut de se rassembler comme chaque 3 mai contexte oblige, les journalistes gambiens ou exerçant en Gambie ont célébré cette journée à travers des clichés sur les réseaux sociaux. Le thème de cette année est « journalisme sans peur ni faveur ».

Vous pouvez réagir à cet article