EN TUNISIE, HEURTS ENTRE POLICIERS ET MANIFESTANTS RÉCLAMANT DES EMPLOIS

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AFRIQUE

Depuis plusieurs semaines, des travailleurs protestent pour être embauchés par des sociétés d’exploitation de gaz et de pétrole dans la région.

Les forces de l’ordre ont tiré, dimanche 21 juin, des gaz lacrymogènes à Tataouine, dans le sud-est de la Tunisie, pour disperser des manifestants qui lançaient des pierres et bloquaient des routes avec des pneus enflammés, réclamant des emplois et la libération d’un militant.

Depuis des semaines, un mouvement de protestation est en cours dans le gouvernorat de Tataouine, où des manifestants ont érigé des tentes dans plusieurs régions et bloqué la route aux camions appartenant à des sociétés d’exploitation de gaz et de pétrole situées sur le site d’Al-Kamour, à 160 km plus loin, en plein désert.

Les manifestants réclament l’application d’un accord, conclu après des mois de sit-in ainsi que des heurts en 2017, prévoyant d’employer dans ces sociétés des milliers de chômeurs de cette région marginalisée.

C’est l’arrestation samedi soir d’un militant « recherché par la justice » qui a déclenché les heurts de dimanche, a déclaré le gouverneur de Tataouine, Adel Werghi, à une radio locale.

Il s’agit de Tarek Haddad, porte-parole de la coordination des sit-in.

La situation demeurait très tendue dans la ville en soirée avec des accrochages intermittents.

« Promesses faillies »
Selon un communiqué du ministère de l’intérieur, un groupe de personnes a « tenté d’attaquer les commissariats de police avec des cocktails Molotov, ce qui a poussé les forces de l’ordre à défendre leurs postes en usant de tous les moyens légaux ». Dix de ces personnes ont été arrêtées, a-t-il ajouté.

« Depuis plus d’un mois, des routes sont fermées et les tentes de sit-in sont installées au milieu des rues. Cela est illégal », a déclaré le gouverneur Werghi.

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L’accord de 2017, favorisé par une médiation de la puissante centrale syndicale UGTT, prévoit également que l’Etat investisse 80 millions de dinars (quelque 27 millions d’euros) chaque année dans la région de Tataouine. Ce qui n’a pas été fait.

La branche de l’UGTT à Tataouine a elle appelé dans un communiqué à « une grève générale » lundi dans la région et dit son « refus du recours à la force excessive et injustifiée » contre les manifestants. Samedi, le syndicat a estimé que « le gouvernement a de nouveau failli à ses promesses et perdu la confiance » des habitants.

Les manifestations interviennent en pleins tiraillements politiques en Tunisie et répercussions économiques et sociales de l’épidémie de Covid-19, même si le pays est parvenu à la juguler.

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