ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : « LES INCOHÉRENCES DU SYSTÈME »

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LR DU TEMPS

Ancien médiateur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le professeur Bouba Diop, l’un des invités de LR du temps, explique les raisons pour lesquelles les problèmes surgissent toujours au temple du savoir avec leurs lots de dégâts. Selon lui, la principale raison c’est parce qu’il n’y a pas de suivi encore moins d’évaluation sur les recommandations qui sont souvent faites. « Si on avait suivi toutes les réflexions issues des recommandations, on n’en serait pas là », a soutenu le professeur d’histoire qui, dans le même sillage, constate pour le déplorer, qu’il y a une instabilité chronique dans la gestion de l’éducation. « Il faut tourner la page et faire en sorte qu’on évalue sur la base de toutes les recommandations qui ont été faites. Il faut suivre les recommandations et aller de l’avant », indique-t-il.

De l’avis de Boubou Diop, on peut toujours améliorer le système mais pour cela, il faut de bons profils. « Les intelligences existent, il faut qu’on mette les gens qu’il faut à la place qu’il faut. Il faut éviter que ce soit du copinage. Il faut choisir les meilleurs profils », estime-il.

« LE SYSTÈME EST INOPÉRANT »

Son co-débateur, Malick Fall, secrétaire général du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) trouve que le système est inopérant et, à son avis, il y a plusieurs éléments qui l’expliquent. Selon lui, les réformes des dernières années initiées dans l’enseignement supérieur ont été sous-tendues par une situation conjoncturelle. Les autorités n’avaient pas le temps de faire de la prospective. Et les solutions qui ont été prises n’étaient pas opérantes parce qu’il y avait un déphasage entre les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour l’atteinte desdits objectifs. « Elles étaient dans la précipitation parce qu’elles voulaient régler une situation conjoncturelle », regrette le syndicaliste. Pour lui, il faut des réformes qui tiennent compte de l’avis des acteurs, notamment des étudiants, des enseignants chercheurs. A l’instar du professeur Bouba Diop, il relève, pour s’en désoler, le défaut de culture d’évaluation. « Les réformes doivent toujours être évaluées à mi parcours. Ce, afin de savoir s’il y a eu des manquements et essayer de réajuster les choses. Sinon, on va toujours avoir des difficultés pour mener à bien les choses ». De l’avis de M. Fall, il faut qu’on aille à la recherche de la cohérence dans le système de l’éducation. Pour qu’il ait un enseignement supérieur de qualité permettant aux étudiants d’avoir une certaine compétence, il faut, d’après lui, mettre en place des dispositions cohérentes.

Selon lui, si beaucoup d’étudiants sortent et ne deviennent pas opérationnels, c’est parce que c’est seulement l’enseignement théorique qui est satisfait et ce, dans des conditions difficiles. La pratique, constate-t-il pour le regretter, est dépréciée. Une dépréciation liée au défaut d’infrastructure et de manque de moyen pour atteindre les objectifs. Il y a, indique-t-il, un décalage énorme entre la volonté affichée, les moyens et les objectifs fixés.

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