LA MAUVAISE QUALITÉ DE L’AIR VÉCUE PAR LES SÉNÉGALAIS

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TEMPÊTE DE POUSSIÈRE À DAKAR

Rare sont les Sénégalais, qui circulent à visage découvert, ce mardi, 25 février. Masque en bandoulière, ils se protègent, non pas du coronavirus, mais de l’épais voile de poussière sévissant au Sénégal. Inutile de préciser que les vendeurs de masques s’en mettent plein les poches.

Cheikh Tidiane SOW, gérant d’une quincaillerie au marché Toubab situé au Point E, s’en frotte les mains. « La poussière nous arrange parce qu’elle nous a permis d’écouler nos produits, sourit-il au micro d’Emedia. Je ne peux même estimer le nombre de masques venu depuis ce matin tellement il est important. On ne se plaint vraiment pas ». Interrogé sur la plainte de clients sur la hausse notée sur le produit, il botte en touche. Soulignant que les prix varient toujours entre 100 et 300 F CFA, selon la qualité. Autre explication : les masques les plus chers ont 4 couches de protection, tandis que ceux échangés à 100 F CFA sont beaucoup plus légers.

Fagarù mo gueune fadjou

Par contre, la seule inquiétude du quincailler, c’est de voir des opportunistes s’engouffrer sur la brèche pour profiter des bonnes affaires que ce marché génère ces derniers jours. Sow n’a pas tort. Puisque des jeunes s’improvisent déjà marchands ambulants de masques. 2 d’entre eux, un jeune homme, en pantalon, et une jeune fille, en pagne, ont été repérés devant le Tribunal de Dakar.

Leurs sachets, un petit modèle de couleur jaune, et un autre d’une dimension plus impressionnante, remplis de masques, ils déambulent à la recherche de clients. Ils en trouvent puisque le produit est très demandé aujourd’hui. « Fagarù mo gueune fadjou. Masque, 500 F CFA », crie la fille. Le prix annoncé est loin de décourager les usagers qui se l’arrachent.

Si la plupart des citoyens rencontrés ressentent juste une gêne en respirant la poussière, les personnes sensibles, elles, souffrent véritablement. C’est le cas d’Adja Mbengue, gérante d’une gargote toujours devant le Palais de justice. Masque en place, la restauratrice est lente à la détente aujourd’hui, se mouvant difficilement. Le mauvais temps a réveillé son asthme. « J’ai mal au cou, se plaint-elle, la voix nasillarde. Ma fille m’appelle depuis ce matin pour s’enquérir de mon état de santé car elle sait comment je suis quand le climat n’est pas clément ». La précision faite, elle s’empresse de remettre en place son masque qui avait glissé au cours de l’entretien.

Les gens comme Adja devront prendre leur mal en patience car la poussière ne se dissipera progressivement qu’après demain jeudi, 27 février.

En effet, « une couche dense de poussière intéressera progressivement l’ensemble du territoire national à partir de cet après-midi jusqu’au jeudi », lit-on dans le bulletin – météo de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), publié hier lundi, 24 février.

Manque de bol pour les tout-petits, ce 25 février coïncide avec la célébration du mardi gras, marquant la fin de la « semaine des sept jours gras », suivie par le mercredi des Cendres, et le carême, pendant lequel les chrétiens sont invités à « manger maigre ». Mais le climat a chamboulé les festivités prévues. A Keur tata Arame, par exemple, une école maternelle située à Liberté 6, la parade en train, a été finalement annulée. « La fête se passe à l’intérieur de l’école », renseigne Aliou Diouf, un parent d’élève.

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