ENTRE SATISFECIT ET ATTENTES, LE PUBLIC GROGNE

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HAUSSE DES SALAIRES DANS LE PRIVÉ

Sans surprise, les travailleurs du privé apprécient la nouvelle mesure annonçant l’augmentation des salaires dans le privé. Employé dans une agence de sécurité à Saly, Modou savoure au micro du correspondant d’iRadio : « On attend ça depuis des années. Le secteur privé en avait bien besoin parce que maintenant la vie est très chère ». « On est content », renchérit Khadim, un autre employé dans la 4e catégorie.

Mais tous ne sont pas contents surtout chez les chefs d’entreprises à l’instar de Jean Noël : « Pourquoi cette hausse. Il fallait, au préalable, mener une enquête sur la rentabilité. Je ne suis pas d’accord. Parce qu’il n’y a pas de touristes ».
On apprend, dans les coulisses des négociations, que cela n’a pas été du tout facile. A ce propos, Souleymane Diallo, un des responsables de la CNTS, listent leurs attentes par rapport au patronat, en termes de mise en œuvre de la mesure : « Les négociations ont tiré en longueur. Je pense que le patronat n’était pas prêt à aller à ce niveau. Au-delà de la pression des centrales syndicales, il y a également le rôle d’arbitre, de facilitateur de l’Etat du Sénégal, à commencer par le président (Macky Sall) qui avait souhaité une augmentation sensible des salaires dans le secteur privé. Nous avons les moyens en tant qu’organisation syndicale d’assurer le suivi. Nous pensons que nous avons affaire à des responsables du patronat. S’ils ont accepté d’aller à cette signature, c’est parce qu’ils ont compris qu’il y a des responsabilités qui pèsent sur leur épaule, en termes d’application. Notre rôle de veille en tant qu’organisation syndicale, le gouvernement du Sénégal a également une part de responsabilité, qui doit veiller au même titre que les centrales syndicales à l’application correcte de cet engagement-là pour valoriser les traitements dans un contexte de persistance de la crise, et de la pauvreté avec l’augmentation du prix de l’électricité, et du coût de la vie. Ce sont des augmentations catégorielles que nous apprécions favorablement. Dans le public également, il faudrait que le gouvernement aille dans le sens de réorganiser davantage les salaires dans le privé et dans le public ».

« Le combat continue pour la hausse des salaires dans le public », avertit Mactar Dabo

Une augmentation dans le public ? Les concernés n’attendent que ça, d’après Mactar Dabo, le Secrétaire général du syndicat des travailleurs de la Fonction publique. Ce dernier qui s’attarde sur le système de rémunération dans l’administration souhaite une « équité » pour les agents de la Fonction publique. Dans ce sens, il assure que le combat va se poursuivre. « Le secteur public revendique toujours cette augmentation de salaire dans le cadre de la régularisation du système de rémunération de l’administration. Les travailleurs du secteur public sont engagés pour la refonte du système de rémunération au niveau de l’administration afin qu’il puisse y avoir une équité entre les corps. Donc, cela veut dire que cette revendication est réelle et existe ».

Pas de mesures d’accompagnement

Toutefois, ceux qui s’attendent à des mesures d’accompagnement de la part de l’Etat peuvent déchanter. Karim Cissé, le Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale est catégorique : « Cette décision a été prise en toute indépendance et en toute responsabilité par les partenaires sociaux sous l’encadrement de la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, qui a encadré les négociations pendant plusieurs sessions depuis un an. Il n’y a pas de mesures d’accompagnement à prendre puisque le patronat l’a décidé après avoir compris et mesuré tous les enjeux liés à ce type de mesure. Il faut juste rappeler que cette hausse des salaires était une revendication des travailleurs depuis maintenant 2 ans dans le cadre des cahiers de doléances déposés auprès du président de la République. Et des négociations ont été entreprises dans ce cadre-là, concernant cette hausse comme sur biens d’autres points liés par exemple à la convention collective nationale interprofessionnelle, etc. Donc, nous venons d’aboutir à cette progression importante pour le dialogue sociale et la négociation collective dans notre pays. Cette mesure concerne l’ensemble des branches d’activités du secteur privé, il n’y a pas d’exception ».
Les nouvelles grilles salariales s’appliqueront à partir du 1er janvier 2020.

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