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ENVISAGER LE MINISTÈRE DE L’ÉMERVEILLEMENT

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« La folie, c’est de toujours faire la même chose et s’attendre à un résultat différent à chaque fois ». Ça fait presque de la peinée convoquer Albert Einstein dans le vide sidéral. En effet, ce dont il s’agit interpelle sur la vacuité en cours dans le pays et qui n’en finit plus. Nos yeux sont fatigués des spectacles affligeants. Nos oreilles bourdonnent de cacophonie. On se bouche le nez à force d’effluves et de vents mauvais. Les cœurs sont à marée basse. L’aigreur est partout. Ce qu’on a vu en Casamance en termes de violence, de ressentiments et de passions toxiques nous horripile. Nous en sommes lassés. Mais à quoi cela renvoie, tous ces actes de folie ? C’est la preuve supplémentaire que la classe politique est complètement hors sol. Pire, elle n’est même pas en capacité de transformer le réel fait de souffrances et de paupérisation de larges segments de la population. Les paroles ne sont pas jolies. Les actes sont laids. Tellement moches qu’on se demande parfois si les professionnels de la bouillie politique ont gardent une once d’amour pour la patrie. Martyrisée par un vieux conflit de 40 ans, la Casamance se met encore à panser ses blessures. Elle n’a ni besoin d’enchères, ni de manipulations encore moins de médiocrité. Elle attend qu’on y déverse de grands projets. Son avenir, c’est l’union sacrée. Doudou Ka autant qu’Ousmane Sonko ont manqué de tact, de sensibilité pour ne pas dire de culture. Nous les mettons dos à dos. Tous ceux qui soufflent la haine dans le cœur des hommes ont vocation à être sanctionnés aux élections. Je ne donnerai pas ma carte aux outranciers et aux excessifs. L’excès est insignifiant. Que signifient aujourd’hui les valeurs morales et civiques au moment où les enseignements-apprentissages reprennent ? Le Président de la République préconisait en Mars dernier leur revitalisation. Il y a eu réitération à Dubai où le Sénégal bat des records de représentation à l’expo universelle. On attend de voir la facture. Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions. Il en faut de la baraka et courage pour reprogrammer le citoyen. Ce qu’on voit dans les écoles malgré les plates excuses des élèves, le climat d’anarchie dans les rues, les quartiers et l’espace public est affligeant et désespérant. Dakar remporte la palme de la sédimentation du désordre organisé. Les 19 communes d’arrondissement ainsi que la mairie de ville n’ont même d’aptitude à désensabler les artères. Il n’y a plus de clairvoyance. C’est la fin de l’urbanité exquise. La politesse, la discipline, c’est mort. Peut-être, faudrait-il envisager un futur grand département ministériel chargé de l’Émerveillement. Pour qu’enfin, on ouvre les yeux sur les dégâts monstrueux générés par le long sommeil de la raison.

15 octobre 2021