ESQUISSE D’UNE RADIOSCOPIE CINEMATIQUE DU CORONAVIRUS : QUELS ENSEIGNEMENTS TIRER DE L’APRES COVID-19 ?

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La survenue du Coronavirus ou COVID-19, d’abord en Chine, précisément à Wuhan comme premier épicentre de la maladie, semblait laisser de marbre l’Occident et une bonne partie du Monde dans son entièreté.

Pendant ce temps, la Chine, première puissance démographique et deuxième puissance économique du moment, avec un régime dictatorial incarné par un despotisme éclairé, dans une discipline tyrannique chevillée à une expertise avérée de son personnel soignant, faisait face seule à son destin dans la lutte effrénée contre un virus intrépide. Le malheur n’arrivant qu’aux autres, les Etats Unis d’Amérique et l’Europe, essentiellement, par condescendance irréfragable, contemplaient avec délectation le combat de David contre Goliath.

Avec, sans doute, des calculs machiavéliques et cyniques fondés sur des enjeux géopolitiques à haute intensité d’intérêts économiques qui devraient s’affaisser inexorablement pendant la propagation du virus dont les effets dévastateurs attendus devraient décimer des populations Chinoises et saper ainsi les fondamentaux de son économie. A la surprise générale, les Chinois venaient de vaincre le virus après deux mois d’une lutte âpre, scientifiquement et disciplinairement menée, avec un dispositif bien pensé et mis en œuvre méthodiquement à partir de leurs ressources de qualité adossées à des plateaux techniques performants utilisant de hautes technologies de pointe.

Le COVID-19, ignorant les frontières, les races et les statuts, avait déjà accompagné certains ressortissants de l’autre monde, qui dès l’aube de la propagation du virus en Chine, ont été rapatriés par leurs gouvernements et constituaient, dès lors, de puissants vecteurs de transmission.
L’Afrique, malgré certains cris d’orfraie, pour la majeure partie de ses gouvernements, en raison aussi du coût et de la complexité de la logistique de rapatriement, a préféré laisser ses ressortissants subir le même sort que les chinois eux-mêmes.

Ce qui justifie présentement la faiblesse des statistiques constatées dans la propagation du virus dans la presque totalité du continent, contrairement à l’occident qui se débat difficilement dans la lutte contre le virus, malgré la qualité insoupçonnée de leurs infrastructures hospitalières et de l’expertise avérée de leurs ressources humaines.
Hélas ! C’est l’hécatombe aux Etats Unis d’Amérique et en Europe, où les statistiques sont macabres avec un lot quotidien d’infectés dans la transmission exponentielle du virus, malgré les mesures barrières édictées, l’expertise de leurs médecins et la qualité des plateaux techniques de leurs hôpitaux aujourd’hui submergés et débordés avec la vitesse de propagation du virus.

C’est dire combien, dans cette partie du monde, la pandémie du COVID-19, dans sa propagation, a surpris plus d’un, par son amplitude dévastatrice et ses effets collatéraux tant sanitaires qu’économiques. Et pourtant, l’on présageait un désastre irréversible en Chine, berceau du virus et en Afrique du fait de l’obsolescence de son dispositif sanitaire et de ses réalités socio culturelles et cultuelles qui s’accommoderaient difficilement de mesures barrières et de confinement.

En effet, au regard de la fragilité de ses économies et de la précarité de l’emploi salarié avec des entreprises en majorité sous perfusion, de la vulnérabilité de populations qui vivent au quotidien dans l’économie informelle, l’Afrique aura du mal à procéder à un confinement total générateur d’une famine aux conséquences imprévisibles.

Là, réside l’équation dont la variable aléatoire statistique, pour le moment insoluble, n’est rien d’autre que le nombre de cas communautaires à minorer absolument par un dépistage massif afin de rester dans les limites de la soutenabilité des infrastructures hospitalières et d’équipements disponibles.
Sous ce rapport, le salut de l’Afrique passera inexorablement par le respect strict des gestes barrières et le confinement partiel assorti d’instauration d’états d’urgence dans des tranches horaires adaptées à chaque pays.

Cependant, en Europe, la courbe de propagation du virus a atteint pratiquement son PIC ou son Plateau dans sa progression, ce qui augure un déconfinement progressif, donc à un retour normal de la vie économique et sociale, compte tenu de la décroissance de propagation du virus, donc de son éradication. Par contre, l’Afrique n’est pas encore sortie de l’ornière, malgré les mesures drastiques prises çà et là, avec un confinement partiel qui tarde à produire des résultats prometteurs à cause de cas infectés appelés cas communautaires dont les effets multiplicateurs sont indubitablement redoutés. Néanmoins, l’espoir est toujours permis.

En attendant, il est devenu urgent de se projeter dans l’après COVID-19, en restant proactif dans la réflexion, avec comme approche inéluctable, un changement de paradigmes fondé sur la nécessité de repenser de nouvelles bases des économies africaines, adossées à un mode de vie ancré dans ses valeurs culturelles mais extirpées de ses scories et pesanteurs sociologiques qui freinent son développement.

Ainsi, au sortir de cette pandémie du COVID-19, les relations internationales régissant les rapports entre les nations fondues dans une mondialisation à géométrie variable qui accapare les richesses du sud, devraient changer fondamentalement de nature par le rétablissement équitable des échanges économiques entre le Nord et le Sud. C’est fort d’un tel renouveau géopolitique, que le libéralisme comme système idéologique de gouvernance mondialement mis en place, a atteint ses limites devant la violence du Coronavirus de par ses effets collatéraux avec comme corollaire, la destruction et la dislocation de l’économie mondiale.

D’ailleurs, le COVID-19 , au-delà de ses effets pathogènes, a été un puissant catalyseur dans le retour à l’Etat providence afin d’appuyer certaines entreprises impactées et soutenir les populations durement éprouvées par les mesures de sécurité prises pour éteindre la propagation du virus.
C’est en cela, que la cinématique ou l’étude des mouvements du coronavirus, à travers ses effets néfastes et collatéraux, devient une source inépuisable d’enseignements et de leçons apprises. À cet effet, un diagnostic sans complaisance s’impose avec une remise en question de toutes les certitudes prérequises au profit d’une nouvelle démarche faite de ruptures idoines pour une nouvelle gouvernance mondiale plus juste et plus équilibrée.

L’après coronavirus devrait aussi instaurer un développement durable qui imposerait, inéluctablement, une éducation environnementale qui préserverait, derechef, les écosystèmes en vue de garantir une biodiversité gage de sécurité dans l’atténuation des dérèglements climatiques dont les effets néfastes ont été l’élément déclencheur de la propagation du COVID-19 qui venait de migrer de son habitat animal vers l’homme devenant ainsi le seul dépositaire du virus dans ses différents déplacements. Et le monde se trouva dans une pétaudière dont le seul responsable est l’homme du fait de la dégradation de son environnement avec la propagation du virus qui installa ainsi l’humanité et ses moyens de vivre dans une précarité sanitaire et économique sans commune mesure.

L’après COVID-19 devrait donc impulser, en Afrique, de nouvelles stratégies et approches novatrices aux fins de recentrer les priorités notamment dans la promotion d’une agriculture moderne diversifiée au service d’un secteur secondaire qui promeut une industrialisation qui garantirait une autonomie dans la production de biens et produits locaux pour une consommation locale fortement soutenue.

A cet effet, la valorisation des ressources humaines devient un impératif majeur qui passerait inéluctablement par la formation d’un capital humain tant dans le domaine de l’éducation que dans le domaine de la santé où des investissements importants sont attendus dans la construction d’hôpitaux de dernière génération avec le relèvement des plateaux techniques par des technologies de pointe appropriées.

Le Coronavirus COVID-19, de par son irruption dans ce monde devenu un village planétaire et de par ses effets dévastateurs et nocifs, par la force de sa volatilité et de sa non prédictibilité, va permettre décidément, de corriger les nombreuses disparités incongrues nées de la division du monde depuis les accords de Yalta devant mettre fin à la deuxième guerre mondiale.

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