ÉTUDIANTS TUÉS EN 2000 : LA COMMISSION RÉCONCILIATION SE PENCHE SUR LES TRAGIQUES ÉVÈNEMENTS

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GAMBIE

Les 10 et 11 de l’an 2000, la capitale gambienne était en ébullition. La mort d’un élève et le viol d’une élève quelques jours plus tôt, avait mobilisé les élèves dans la rue. Les forces de l’ordre n’hésitèrent pas à tirer à balles réelles sur les écoliers. Le bilan était lourd : 14 d’entre enfants tombèrent sous les balles des policiers, une vingtaine de blessés gaves sont à dénombrer. Au lendemain du drame, une loi d’amnistie en faveur des présumés bourreaux est votée à l’Assemblée nationale. Près de deux décennies après, la Commission vérité, réconciliation et réparations se penche sur le sujet et a auditionné les rescapés et responsables de premier ordre.

Tout est parti de la mort en mars l’an 2000 d’Ebrima Barry, torturé à mort par des pompiers et du viol de Binta Manneh, par un homme en uniforme. Suffisant pour que les élèves descendent dans la rue pour réclamer justice pour leurs camarades. Les forces de l’ordre n’hésitèrent pas à tirer à balles réelles pour réprimer les manifestants. Le bilan en 48h : 14 élèves sont tués et plusieurs blessés graves.

Depuis un mois, la Commission de réconciliation se penche sur ce chapitre douloureux. Les rescapés se sont succédé devant la structure. Tous ont narré comment ils ont vécu ces journées chaudes qui les marqueront à vie. En effet, beaucoup ont vu leur vie basculer depuis ces évènements.
Aveux

A la barre depuis la semaine dernière, plusieurs hauts responsables de la police de l’époque sont passés aux aveux. Qui a donné l’ordre de tirer sur les manifestants ? Les témoignages sont discordants mais Lalo Jaiteh, haut responsable de la police a révélé que l’ancien président Yahya Jammeh, à l’époque en visite à Cuba avait donné sa "ferme" instruction à sa vice-présidente, Isatou Njie-Saidy qui, à son tour avait donné l’ordre de tirer, renseigne-t-il. Pis encore, au lieu d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur ces tragiques évènements à son retour, le président Jammeh avait ordonné qu’une loi d’amnistie soit votée pour ranger cette affaire. Aujourd’hui, les rescapés et plusieurs associations de défense des droits humains appellent à l’abrogation de cette loi d’amnistie.

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