EVALUATION DES SYSTEMES ÉDUCATIFS : PEUT MIEUX FAIRE !

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PASEC 2019

Les chiffres sont effarants. En lecture, plus de la moitié des élèves, 52,1%, en classe de CM1, sont en "dessous du seuil suffisant de compétences", et par conséquent, dans une situation de "difficultés d’apprentissage". A ce niveau d’enseignement, ces élèves ont "des difficultés pour comprendre des mots isolés issus de leur vie quotidienne et des phrases isolées ainsi que pour localiser des informations explicites dans des textes courts et moyens" en prélevant des indices de repérage présents dans le texte et les questions, d’après les résultats du rapport international PASEC 2019, portant sur la qualité des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone.

Toutefois, parmi les pays présentant une "bonne répartition" de leurs élèves sur l’échelle de compétences, en lecture, figure le Sénégal. Qui est à côté du Gabon, du Bénin, du Burkina Faso, du Congo, du Cameroun. Mais le Gabon se distingue, en positionnant plus de 93% de ses élèves au dessus du seuil.

Cependant, au bas du tableau, Madagascar, 82,5%, Tchad, 77,8%, RDC, 72,9%, Burundi, 71,8%, Niger, 69,9%, le Togo, 61,1%, la Côte d’Ivoire, 59,5%, et la Guinée,55,3%, présentent les plus grandes proportions d’élèves ne manifestant pas les compétences suffisantes de lecture à l’évaluation du PASEC 2019.

Les données concernent plus de 3 500 écoles pour les 14 pays concernés, plus de 62 mille élèves en fin de scolarité, et plus de 21 000 élèves en début de scolarité.

A signaler, toujours selon les résultats obtenus, les écoles publiques ne disposent ni des ressources pédagogiques ni des équipements. Par exemple, "dans le milieu rural, il y a des écoles qui ne disposent pas de tableau pour la classe", souligne le document.

L’évaluation a été faite auprès des élèves de première année au primaire, CE1, et en fin de scolarité, CM1, concernant 14 pays d’Afrique francophone. Ce, afin de connaitre leur niveau de connaissances dans le système éducatif en français, en compréhension du texte et en calcul, et de voir quel est leur niveau lorsqu’ils vont sortir du système ?


« AUGMENTER LA CULTURE GÉNÉRALE DES ENSEIGNANTS »

Déjà, en 2014, rembobine Rahamane Baba Moussa, le Secrétaire général de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN). Le rapport avait montré "qu’une bonne partie des élèves qui finissaient le cycle primaire, CM1, n’avait pas les acquis attendus pour différentes raisons (langue d’enseignement ou qualité des enseignants). Face à ce constat, nous avons fait une enquête avec les élèves pour l’évaluation de 2019".

LE PASEC 2019 est un programme de la CONFEMEN. Qui a choisi le chef de l’État, Macky Sall comme parrain de son 60e anniversaire. L’une des missions de la CONFEMEN est d’animer la concertation entre ministres de l’Éducation et experts.

En fin de scolarité, pour les Mathématiques, 37% d’élèves seulement ont un niveau supérieur.


LE DÉFI NUMÉRIQUE

"La pandémie sanitaire à laquelle nous faisons face présentement a certainement permis de confirmer toute l’importance des technologies numériques pour assurer la continuité pédagogique", a relevé Dominic Cardy, président en exercice de la CONFEMEN, participant aux débats depuis le Canada.

"Plus que jamais l’éducation et la formation sont au cœur des dynamiques qui portent le progrès par le savoir et le savoir-faire. C’est pourquoi sur la question des défis aussi bien pour nos élèves, les apprenants ainsi que les enseignants, il résulte dans les évaluations, la question du numérique, que le numérique prenne toute sa place, a confirmé le chef de l’État, Macky Sall, présidant la cérémonie, à Dakar, ce matin. Depuis le début de cette pandémie, nous avons pu voir le fonctionnement du numérique dans le fonctionnement du monde. Qui dit numérique, dit aussi un certain nombre de prérequis qui nécessitent que dans nos formations, nous puissions changer de paradigmes : apprendre à maitriser les chiffres, dès le bas âge, c’est-à-dire dès le préscolaire dans un environnement qui permette, ensuite au primaire, puis au secondaire, d’avoir des pourcentages plus ou moins équivalents entre le nombre de bacheliers scientifiques et celui non scientifiques mais qualifié".

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